Il était un petit navire…

Screenshot 2017-03-16 08.43.48J’ai un peu hésité quand mon frère m’a fait la proposition. Une semaine complète en catamaran dans le sud? Après m’être déchiré le ménisque avec lui l’été dernier sur son petit catamaran, je me sentais comme un gars qui apprend pas vite vite! En même temps, c’est comme une chute à cheval, si tu ne remontes pas rapidement, tu risques de jamais vouloir réessayer. Quand il m’a montré les photos du bateau, j’ai vu qu’on était complètement ailleurs. Un catamaran de 15 tonnes avec deux moteurs, des voiles et pouvant coucher 7 personnes dans 3 chambres à coucher ayant chacune une toilette. Une grande cuisine, une salle à dîner et plein de place pour s’évacher.

On est donc parti lundi passé avec les blondes, Éloïse ma plus jeune, la fille de mon frère et avec ma mère qui nage comme une brique mais qui aime quand même se retrouver près de l’eau.

Quand on est arrivés à la marina à Tortola, dans les îles vierges britanniques, il ventait fort mais il était prévu qu’on passe la nuit à la marina, question d’avoir un briefing sur le bateau demain matin, avant de prendre la mer. Après le briefing, la météo était encore pareille avec des nuages en plus. Mon frère, notre capitaine pour la semaine, en a vu d’autre et des pas mal pire. Il s’est construit lui-même un trimaran de 63 pieds il y a une dizaine d’années et l’a navigué dans les caraïbes pendant plus de deux ans. Si mon frère dit qu’on peut partir, c’est qu’on peut le faire…

On est à environ 40 minutes de notre destination, une petite baie où on devrait être protégés du vent. Pas question de sortir les voiles aujourd’hui par contre. Il y a des vents de près de 30 noeuds et y a pas mal de vagues alors on y va aux moteurs. On se tient tous sur le « flying deck » , un pont au dessus de la cabine principale, qui permet au capitaine de naviguer avec une meilleure vue. Ma mère décide de rester bien assise à l’abri,  dans la cabine principale.

Rendu en pleine mer, ça commence à brasser pas mal. On s’enfonce dans les vagues et vu d’en haut, c’est comme regarder les gens descendre la grosse côte dans la pitoune à la ronde. Tu sais que ça va brasser, mais tu sais aussi que tu vas rester bien au sec parce que t’es à 20 pieds de la vague. C’est là que je me dis que ma mère doit avoir un tout autre point de vue! Je descend dans la cabine principale et là ça brasse sur tout un temps. Tout ce qu’on a pas solidement attaché est en train de tomber par terre et ma mère fait des acrobaties pour essayer d’éviter le pire. Comme j’arrive, le loquet de l’armoire qui contient notre réserve de vin lâche sous un mouvement brusque du bateau et laisse s’échapper 3 bouteilles de notre meilleur blanc. Deux éclatent au contact du plancher et répandent leur précieux liquide à la grandeur de la cuisine. J’arrive à rattraper la troisième avant qu’elle ne finisse dans le même état. Y a de la vitre cassée partout, le plancher est glissant et il y a 7 personnes nu pieds à bord. Pendant que je ramasse le bordel, je vois un pot de moutarde sortir du frigo. Pour éviter d’avoir à ouvrir le frigo trop souvent et sauver de l’énergie, il y a une petite porte dans la porte principale du frigo qu’on ouvre en appuyant dessus pour accéder à l’intérieur. Cette porte-là non plus n’a pas tenu le coup. Une chance que mon frère a apporté une roulette de duct tape pour qu’on puisse la bloquer. Je fini par ramasser toute la vitre pendant que ma mère s’agrippe au pilier principal, son visage passant tranquillement au vert olive.

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Ma mère et son poteau dans la cabine principale en des moments plus calmes

On fini par arriver à notre destination sains et saufs pour découvrir quelques heures plus tard que ma blonde souffre du mal de mer. On découvrira aussi dans la soirée que le réservoir d’eaux que j’appellerai poliment « usées » du côté de la chambre de mon frère est percé et laisse écouler son précieux liquide derrière une armoire de sa chambre. Après s’être tapé la mer, on doit maintenant se taper la mer…de 🙂

On va se coucher le soir un peu épuisés en se disant que pour une première journée, ça pourrait difficilement être pire. En même temps, on a l’impression d’avoir su tenir tête à la mer et à son désir de nous montrer qui est le chef!

Pour plusieurs raisons avant notre départ, j’avais eu l’intuition que ça serait une bonne idée de couper cette semaine en deux en réservant une petite maison sur airBnB à St-Thomas, pour ma gang et ma mère. Pas eu besoin de tordre le bras à ma blonde et à ma mère pour aller à terre le lendemain, surtout que le ciel était encore menaçant et que le bateau devait subir quelques réparations côté toilettes.

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St-Thomas et la plage où on a passé la journée

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Ma mère et ÉloIMG_20170309_164124

À notre retour, mon frère nous dit qu’on avait bien fait parce qu’ils y avaient encore goûté la veille avec du vent et des grosses vagues. Par contre, à partir d’aujourd’hui, la météo annonce du soleil mur à mur et des vents raisonnables jusqu’à notre départ!

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Retour en zodiac vers notre bateau

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Après 3 jours complets de super température, c’est le temps de dire au revoir!

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Notre fameux retour

Ça fait plusieurs années que je voyage pour le plaisir ou le travail mais ce retour fut le plus épique que j’ai vécu. Le bordel a commencé lundi soir, lors de notre arrivée à New York pour une escale avant notre dernier segment de vol vers Montréal. Le vol est annulé à cause de la tempête qui s’en vient. On apprend, par la compagnie aérienne que le prochain vol disponible sera jeudi, si tout va bien. Comme Élo a déjà manqué un jour d’école et que ma nièce a des cours à l’université qu’elle ne peut manquer, on veut pas attendre jusque là. Mon frère prend la décision de se louer une voiture et de faire le trajet jusqu’à Montréal de nuit, avant que la tempête ne frappe. Nous, on décide de passer la nuit à New York et de prendre le train le lendemain. Mais là, on découvre que nos bagages sont pris quelque part dans l’aéroport étant donné que notre vol a été annulé. Des employés doivent les chercher manuellement pour nous les ramener trois heures plus tard.

On arrive à l’hôtel vers minuit pour se faire dire que la chambre n’est pas encore prête, que le personnel d’entretien a du retard et qu’il y a deux autres personnes qui attendent leur chambre avant nous. On aura finalement la chambre à 1h du matin. On se couche pour retrouver New York sous la fameuse « tempête » le lendemain matin. Mon frère me texte qu’il vient d’arriver chez lui et qu’il n’a pratiquement pas vu de neige en chemin. Je suis plus trop certain que j’ai fait le bon choix d’attendre…

On a pas de bottes, mais on arrive quand même à se rendre à pied à la gare à quelques coins de rues et à garder nos pieds secs tellement la quantité de neige est faible.

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Le train part à l’heure et est très confortable. Le trajet, qui dure normalement 11h s’est étiré sur 14h. Ce doit être très beau en temps normal mais là, la tempête nous a rattrapés et on voit pratiquement rien dehors.

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On arrive à Montréal vers 22h et on veut aller se coucher chez nous. Impossible de trouver un chauffeur d’Uber assez fou pour aller à Vaudreuil et impossible de trouver un chauffeur de taxi point. Je commence à chercher un hôtel qui a des chambres libres et au 7ème appel, je réussi à avoir la dernière chambre d’un hôtel pas trop loin. Les autres étaient tous complets. On s’essaye à pieds mais c’est trop malade. Des pelles mécaniques partout, les trottoirs complètement enneigés et il faudrait marcher dans la rue pour avancer. On se met à l’abri à l’entrée d’un édifice et j’appelle un Uber qui mettra plus de 30 minutes à nous rejoindre.

On fini par se coucher vers 1h du matin. Étant donné le bordel sur les routes le lendemain matin, on décide de prendre le train de banlieue vers Vaudreuil. Arrivés à Beaconsfield, dans l’ouest de l’île, le train tombe en panne de moteur!!! À ce moment-là, j’ai comme senti un début d’écoeurantite assez aiguë. J’ai appelé un taxi qui nous a finalement ramenés et on est arrivés chez nous à midi, un retour qui aura pris en tout plus de 48 heures.

Super voyage malgré tout! On aime ça l’action et on peut dire qu’on a été très bien servis cette semaine!

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La Patagonie,  quel spectacle! 

En arrivant à El Chalten, petite ville touristique de 1500 habitants qui doit en accueillir autant en touristes, on se dirige vers le guichet automatique à deux pas de notre hôtel. Le guichet indique qu’il ne peut pas donner d’argent en ce moment. J’en trouve un deuxième exactement dans le même état et on m’indique qu’ils ne seront pas en service avant lundi puisque demain c’est dimanche. Il n’y en a pas d’autres dans la ville. Ça va pas bien, il me reste environ 25$ dans les poches. On part vers une épicerie pour s’acheter à manger mais elle ne prend que du comptant. Ils nous envoient à une deuxième qui elle aussi ne prend pas la carte et ceux-ci nous renvoient vers une troisième qui elle accepte les cartes de crédit. On fait notre épicerie pour découvrir que le terminal de carte ne marche pas! C’est assez paradoxal de se retrouver dans un pays appelé Argentine et manquer d’argent! Je commence à m’inquiéter un peu pour l’essence alors je vais virer à l’unique station service de la ville qui n’a qu’une pompe et devinez quoi? Ils ne prennent que du comptant ici aussi. Pas certain d’avoir assez d’essence pour me rendre au village voisin qui est à trois heures de route d’ici. On fait l’inventaire de ce qui nous reste à manger.  On va probablement manger pas mal de pinottes bio mais on devrait pas mourir de faim. Je ne me souviens pas avoir été mal pris comme ça avant.  On encore loin de Walking Dead mais j’espère que ça va se régler vite. On fini par trouver un resto qui utilise un terminal de carte de crédit différent et qui marche correctement. On est bons pour les prochains jours! 
Dimanche 

On décide de continuer à conditionner nos corps pour le gros trek de lundi. On part en faire deux « petits » qui prendront environ quatre heures. C’est ici que le fun des belles photos commence! 

Il y en a une qui était contente qu’on ait trouvé ce restaurant là. Cuisine végane super bonne. A vrai dire, j’étais pas fâché non plus, la bouffe jusqu’à maintenant n’a pas toujours été très santé. Ils nous ont préparé un méga lunch qui a duré deux jours. 

Lundi

On part aujourd’hui pour aller vers un point d’observation du glacier Fitz-Roy. Près de vingt kilomètres qui prendront plus  de 8 heures à compléter. On se fait transporter en autobus à 8h du matin pour nous rendre plus loin dans le parc.  Ca nous évite de faire un aller-retour par la même route et nous permet de voir d’autres paysages. 

On est particulièrement en forme,  nos petits bobos des derniers jours sont disparus et on est plein d’énergie. En cours de route,  je fais la gaffe de dire (en blague) à ma blonde que je suis quand même content de l’avoir avec moi parce qu’elle ne me retarde pas trop. C’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Comme par magie, notre vitesse commence à augmenter parce que ma blonde elle aime ça quand ça avance. En plus,  j’ai bien compris que le 8h prévu, elle trouvait ça un peu trop long. Je pense que si elle faisait la route de Compostelle, elle essaierait d’arriver en premier! Comme de fait,  on a fait le trajet en 6h au lieu de 8h.

Les vues sur ce trajet sont de loin les plus belles jusqu’à maintenant. Certaines d’entre elles m’ont ému au point d’en perdre la parole. Il y a malheureusement des limites à ce qu’un appareil photo peut rendre comme impression.

Un campement, pas que je pourrais qualifié d’intime,  en haut de la montagne. 

Et oui, de l’eau fraîche de glacier, 

 
De retour au village, on se rend au guichet qui fonctionne finalement.  Il y a une file qui attend à la porte.  À un certain moment, on était plus de 20 à attendre. 
Chacune des personnes prend plusieurs minutes au guichet.  On dirait que c’est la première fois qu’ils en utilisent un. En regardant comme il faut, je me rends compte que chaque personne fait plusieurs transactions. Les gens sont échaudés et ils retirent tout ce qu’ils peuvent au plus vite.  J’espère qu’ils ont mis beaucoup d’argent dedans parce qu’avec les centaines de touristes mal pris qu’il y a ici, ça va pas durer longtemps à ce rythme là. Je vais ensuite mettre de l’essence, on est prêts pour demain! 

Reflection du jour 

On oublie souvent que notre confort et qu’à la limite, notre survie dépend entièrement d’infrastructures qu’on prend totalement pour acquis. Pouvoir retirer de l’argent au guichet, avoir de l’essence à la pompe ou de la nourriture sur les tablettes des épiceries n’est jamais un problème pour nous. Aucune de ces pénuries ne m’est jamais arrivée au Québec. Ici, les gens font la file partout et sont à la mercie d’une panne d’infrastructure qui peut durer plusieurs jours. J’imagine qu’on s’y habitue et qu’on prévoit en conséquence. Pour les touristes bien gras que nous sommes, c’est plutôt déstabilisant et ça peut te gâcher un voyage assez vite. 

Mardi 

Jour de la St-Valentin.  On va avoir une belle proximité aujourd’hui parce qu’on doit se rendre dans un autre parc national, cette fois-ci au Chili. Arrivés à la frontière après 4 heures de route, les douaniers nous demandent un papier pour la voiture. On leur donne nos immatriculations et le contrat de location mais il manque quelque chose.  Un des douaniers vient dehors avec nous et on fini par comprendre, grâce au traducteur de Google dans mon téléphone,  que ça prend un formulaire d’autorisation de la compagnie de location pour passer une voiture à l’extérieur du pays. Évidemment on l’a pas. On téléphone à la compagnie de location qui nous dit qu’on doit venir  le chercher à El Calafate, à 4h de route d’ici. Pas moyen de faire autrement! On pourra donc pas dormir au Chili ce soir.  Assez frustrant compte tenu du prix qu’on a payé la chambre dans le parc national Chilien.  On reprend donc la route,  de soir, vers El Calafate.

En voulant sortir du village où est la frontière, la route est bloquée par un barrage autochtone. Tsé quand ça va mal! Ils ne laissent passer que les véhicules d’urgence. Je me prépare à prendre mon mal en patience mais ma blonde est pas d’accord. Elle me demande de lui ouvrir le traducteur sur mon cell  et elle part avec voir ceux qui contrôlent la guérite. Elle montre le téléphone à un des gars en faisant des gestes d’avion avec ses bras,  elle a l’air paniquée. Le gars fait oui de la tête et il ouvre la guérite.  Je rejoins ma blonde et on passe en douce.  Elle vient de leur faire croire qu’on a un avion à prendre ce soir à El Calafate et qu’on va le manquer. Ça a marché!

En chemin,  on croise 4 renards qui s’amusent à passer devant les roues de la voiture pour me prouver qu’ils sont plus vite que moi. Malheureusement,  il en a un qui a perdu! On fini par arriver et par se trouver un hôtel qui lui non plus ne prend pas la carte de crédit.  Ils me vident de presque tout ce qu’il me reste d’argent. J’aurai pas fait longtemps avec mon motton. Je me couche après avoir fait une journée de plus de 12h au volant. 

Mercredi 

Après une autre journée de conduite,  on est enfin arrivés à notre hôtel au Chili en fin de journée. On prend le temps de prendre une petite marche pour voir un fragment de glacier près de notre hôtel. 

L’effet de la glace bleue n’est pas un trucage photoshop, elle est réellement bleue comme ça. Pour faire une histoire courte, c’est dû à la neige qui tombe au sommet du glacier et qui est lentement compressée en glace. Étant donné que la neige contient plus d’oxygène que la glace normale et que l’oxygène reflète bien la couleur bleue, on obtient de la glace bleue qui est de toute beauté. On dirait qu’elle est illuminée de l’intérieur par un LED.
Jeudi

 Il pleut aujourd’hui et la tentation est grande de rester dans le lounge de l’hôtel qui donne directement sur la montagne. 

Après deux jours enfermés dans l’auto et tout le chemin qu’on a fait pour voir ce parc,  pas question de rester en dedans.  On choisi un sentier pas trop loin et on engage un guide autorisé à nous y emmener parce que c’est une section protégée du parc. C’est une autre journée de 18km de marche qui nous attend et le guide nous dit que ça prendra 8h si tout va bien. On enfile tout ce qui porte l’étiquette de résistant à l’eau et d’imperméable.  J’ai pas jugé bon d’apporter mes grosses bottes de marche pour sauver du poids, j’ai seulement mes souliers de marche utilisés dans le désert. Après moins de  90 secondes après notre départ, je commence à sentir, sur mes pieds chauds et secs, la douce sensation froide et humide de l’eau qui dégouline de l’herbe et qui passe à travers mes bas. Il fait environ 9 degrés, c’est pas chaud! Finalement, je réussi à réchauffer mon jus de bas après une trentaine de minutes et bien que ce soit plutôt inconfortable, je prends ça comme une leçon de m’équiper correctement la prochaine fois. Pour le reste de mon équipement, l’eau finira par s’infiltrer partout. 

En cours de route, j’ai quand même pu prendre quelques photos même si mon cellulaire était tout mouillé. 

On a été chanceux de pouvoir voir un de ces cerfs. Ils sont en voie d’extinction et il n’en reste que quelques centaines en Argentine et au Chili. On comprend pourquoi ils vont disparaître quand on les approche.  Ils ne se méfient pas de ce qui les approche et ils restent sur place à observer.  Je me suis approché à une vingtaine de pieds et il n’a pas bougé. 

Vendredi 

On reprend la route aujourd’hui pour retourner encore une fois à El Calafate. Encore des heures  de route de terre defoncée et de superbes paysages sur la mytique route nationale 40.
On arrive finalement à notre airBnB en fin de journée pour trouver une ville grouillante de touristes à cause du festival du lac et de la fin de semaine qui commence. 

Samedi 

Aujourd’hui, excursion sur le glacier Perito Moreno,  l’attraction principale dans ce coin de pays. On se rend en autobus jusqu’au glacier, une route d’une heure et demie. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je n’ai rien lu sur le sujet. Au détour d’une courbe, on aperçoit l’immense glacier devant nous. C’est tellement magnifique que les larmes me montent aux yeux. Rarement vu un phénomène naturel aussi impressionnant. 

C’est quoi un glacier? 

Avant de venir ici, je confondais glacier et iceberg. C’est complètement différent. Voici comment se forme un glacier: l’humidité du Pacifique est apportée par le vent jusqu’au sommet de la montagne où elle se transforme en neige et s’y dépose. Elle fond alors tranquillement, le processus dure une dizaine d’années et elle se compacte en une glace très dense. La glace commence ensuite sa descente d’une trentaine de kilomètres jusqu’au lac en bas où elle se brise et fond. Ce processus prend plus de 400 ans. Contrairement au iceberg qui flotte sur l’eau, le glacier coule directement sur le rock. 

Devant le glacier qui fait quelques kilomètres de large par 200 pieds (70 mètres) de haut, les Argentins ont installé une passerelle de 4km sur plusieurs niveaux. On peut donc l’observer de tous les angles et parfois être témoins de la facturation de la glace qui avance d’environ 2 mètres par jour à ce temps-ci de l’année. 
Contrairement à la majorité des glaciers dans le monde qui sont en décroissance à cause du réchauffement climatique, le Perito Moreno est un glacier équilibré qui génère autant de glace qu’il en perd. On peut donc se réjouir sans remord de voir et d’entendre la glace se détacher. 
Après un trajet de 20 minutes en bateau vers le côté gauche du glacier qui est plus stable, on enfile des crampons sur nos chaussures et on monte directement sur le mastodonte.

On rempli nos bouteilles ici. Une eau pure tombée du ciel il y a 400 ans! 

Une crevasse qui va directement à la base du glacier et par où l’eau de fonte s’écoule. 

On fini ça avec un whisky sur glace et pas besoin de vous dire d’où vient la glace! 
Ici s’achève notre semaine en Patagonie, départ demain pour une semaine complète à Buenos Aires. On aurait pris encore un peu de trekking, on se reprendra en marchant dans la ville! 

 

Découverte de la « Terre de feu » 

On est partis le 6 février faire une sibole de ride d’avion pour aller complètement en dessous de la boule (le globe). On planifie ce voyage depuis plusieurs semaines mais arrivés à Dorval,  on apprend que ça prend un visa pour se rendre en Argentine et qu’il faut avoir la version imprimée pour être autorisés à décoller.  La petite demie heure de lousse qu’on avait prévu à l’aéroport a fait toute la différence. Je suis allé au pas de course à l’hôtel Marriott annexé à l’aéroport et j’ai pu utiliser leur « business center » pour acheter les visas en ligne et en imprimer une copie en moins de 15 mins. Encore plus chanceux, notre valise de 61 livres, contenant le fer plat de ma blonde pis une quantité phénoménale de céréales et de pinottes bio, entre autres choses, a passée sans problème. Première escale, l’aéroport JFK,  à New York pour un petit 7h d’attente au lieu de 2h,parce que j’ai pesé sur le mauvais piton en choisissant mon vol sur Expedia. Prochain vol vers Buenos Aires, un gros 10h dans les airs… A 6’7″, je me compte chanceux de pouvoir voyager en classe affaires pour ce genre de voyages. J’ai déjà expérimenté la classe « charité » sur un vol de plus de 10h et mon dos s’en souvient encore!

Mercredi 

On est restés à Buenos Aires le temps d’un dodo pour repartir vers un autre segment de vol de 4h vers la ville de Ushuaia, la ville de la « Fin du monde », la plus au sud de l’Amérique du Sud. On appelle aussi cette région la « Terre de feu »! J’ai cherché par le hublot d’avion pour trouver quelque chose qui me ferait penser au feu. Une terre de couleur rouge, des volcans, sans succès. Y a plein de montagnes pas trop laides par contre. 

 Wikipedia m’a appris plus tard que ce nom avait été donné par les premiers explorateurs européens qui voyaient les feux des autochtones en naviguant aux abords de la région. Inutile de mentionner que ces autochtones ont été exterminés par les maladies des colons et ceux qui restaient assimilés par les religieux de l’époque. 
La ville d’Ushuaia (aussi appelée la « ville du bout du monde »)  est un paradis pour les gens de plein air.  Un superbe parc national, des sommets aux neiges éternelles et une rue principale avec une concentration incroyable de magasins vendant des bottes de marche à crampons. 

Après notre première nuit dans un gîte trouvé sur AirBnB, ma blonde et moi avons décidé de commencer assez fort pour la première journée. Ca fait deux jours qu’on est partis de chez nous, on a traversé les trois quarts du globe mais on a l’impression d’avoir des fourmis dans les jambes tellement on a pas bougé par nous même. On commence la journée par une expédition en voilier qui va nous amener vers une petite île où nous ferons un premier trek de réchauffement tout en visitant des paysages splendides. 

Notre petit voilier 


Un ban de crevettes
 

Des lions de mer

 Des cormorans

 Un beau ti-couple

On est 7 passagers sur le voilier dont 2 québécoises avec nous. Je sais pas c’était quoi les chances que ça arrive aussi loin de chez nous mais on en profite pour se parler en français parce que autrement, les discussions sont difficiles à tenir, les gens ici ne parlent pratiquement pas anglais. 

Au retour, étant encore sur notre faim et trop pleins d’énergie, on décide d’aller faire un autre trek de 3 heures vers un glacier à 15 mins en taxi du centre-ville. On était tellement crinqués qu’on était revenus en bas après 2h. C’est vrai qu’avec la température qu’il faisait en haut, on s’est pas attardés longtemps. 

Nous arrivés en nous! Je souffre plus que ma blonde 🙂 
Vendredi 

On a dormi plus de 12h mais au levé, je me sens comme un lendemain de brosse. Mal aux jambes,  une amygdalite qui pointe son nez dans ma gorge et un mal d’oreille que je voudrais pas voir dégénérer.  Ma blonde a un nerf qui tire dans la jambe alors on décide de prendre la journée relaxe. On va faire une balade en train avec une gang de touristes fraîchement débarqués d’un bateau de croisière au port. Pas le choix,  faut qu’on récupère pour être en forme pour les treks des prochains jours. 

Pendant la ride de train, on apprend que des petits génies ont importés des castors canadiens ici dans les années 40 pour leurs peaux.  Quand la mode du castor est passée, ils sont restés pris avec notre rongeur qui n’a plus aucun prédateurs. Souvenir du Canada! 

On est tellement proche du pôle sud que le soleil se couche vers 22h le soir et étant donné que les Argentins font une petite sieste de midi à 16h, les attractions comme les musées ferment vers 20h, pas mal pratique pour du monde qui se sont levés un peu trop tard!  

Samedi 

Aujourd’hui, avion pour El Calafate environ 500km au nord et on prend possession de la voiture de location pour explorer la Patagonie plus à fond! C’est un peu un choc sur la route. De dire que le paysage est grandiose serait un cliché mais c’est tellement beau! J’arrête plusieurs fois en route vers notre prochaine ville (El Chalten)  pour prendre des photos. 

Ce genre de petits lamas,  le guanacos,  se retrouve partout. Faut faire attention pour ne pas les frapper sur la route! 

Devant nous,  on dirait une tempête au dessus des glaciers, et on s’en va directement dedans! 

Mais comme par magie, y a juste quelques gouttes qui nous tombent dessus. Quelques minutes apres, on arrive à El Chalten,  capitale nationale du trekking! 

On commence nos vrais treks demain, je vous laisse sur la vue des glaciers qu’on a à partir de la ville! A la semaine prochaine! 

 

Roadtrip au Maroc

À la base, j’étais un peu réticent à l’idée de conduire une voiture au Maroc. La réputation de conducteurs des marocains n’est pas très bonne, les GPS pas trop à jour mais c’est tellement plus pratique, surtout avec les bagages pour deux et la liberté que ça procure. Pour être certain, j’avais consulté mon ami Mehdi qui m’a dit qu’il n’y avait pas de problèmes puisqu’un un ami commun (Nelson) avait conduit au Maroc et tout s’est bien passé. Le truc, c’est que Nelson est pilote de voiture pour les courses Enduro où les collisions font partie de la game! Malgré tout, j’ai pris la chance, combinée avec une assurance collision béton et j’ai loué une auto à Marrakech, une ville où les gens sont complètement sautés sur la route.

Ma blonde ayant manqué son vol pour me rejoindre à Marrakech, elle en a pris un autre vers Casablanca où j’ai dû aller la chercher. Cinq heures de route aller-retour dont une pour sortir de la ville, toute une initiation! Voici un petit vidéo qui montre l’ambiance sur la route.

J’ai dû m’adapter assez vite et heureusement, j’ai rapidement trouvé le niveau d’agressivité nécessaire (très élevé) pour survivre ici. Ça fait changement de la zénitude du désert disons…

 

Voici notre trajet

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Plus de 24 heures de route et 1500 KM, répartis sur deux semaines. On a fait une visite rapide de Marrakech et sommes partis vers le désert. J’y ai déjà passé une semaine mais ça aurait été injuste pour ma blonde de visiter le Maroc et de ne pas le voir. Donc première étape, retour dans le désert vers les grandes dunes de Merzouga. Deux jours de route sinueuse en montagne.

Jour 2

On fait escale à Ouarzazate chez une famille Marocaine trouvée avec AirBnB. Les maisons marocaines sont plutôt sobres vues de l’extérieur, faites d’argile et sans décorations ou ornements pour la plupart. Par contre, l’intérieur est très accueillant avec un grand salon qui peut accueillir entre 10 et 20 personnes et qui sert aussi de salle à manger et de dortoir pour la visite. Les gens qui nous accueillent nous servent une tajine marocaine et on passe la soirée à discuter de leur coin de Maroc. Ma blonde se fait faire un tatouage au henné par l’aînée de la famille sous l’œil attentif de son fils et de son neveu.

Jour 3

Arrivée à Merzouga après une autre journée de superbe route en montagne et dans le désert.

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C’est ici qu’on trouve les plus hautes dunes de sable du Maroc. C’est un endroit très touristique mais étant donné qu’on est en basse saison, il n’y a  presque personne.

Pour faire un peu changement, on voyage à dos de dromadaire jusqu’à notre campement.

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On contemple un nouveau coucher de soleil sur les dunes

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et on rejoins notre campement qui est pas mal plus luxueux que ce que j’ai connu la semaine dernière.

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Lavabo et table pour déjeuner

Et un vrai lit!

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On a droit à un spectacle de musique berbère

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Le lendemain, visite d’une famille de nomades, une femme et sa fille qui vivent dans un campement rudimentaire

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mais qui est quand même équipé pour recharger les batteries de leur cellulaire et donner une peu de lumière le soir.

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Elle nous font un genre de pizza fourré au poulet et légumes, c’est super bon!

On se lève avant le lever du soleil pour pouvoir le contempler

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Et c’est reparti pour notre plus longue journée de route!

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jusqu’à la ville de Fès qui nous accueille avec ce superbe pont éclairé…

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..qui sera le dernier signe de modernité pour les prochains jours puisque notre hôtel est dans la médina (la vielle ville fortifiée).

Jour 6

Notre embauchons un guide pour nous faire visiter la vieille ville en profondeur.

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En sortant de l’hôtel, on constate tout de suite qu’on vient de changer de monde.

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Au Maroc, les salaires sont très, très bas (salaire minimum d’environ 1500$ par année) et les équipements coûtent cher alors il y a une tonne de travaux qui se font toujours manuellement. Ici, il y a une tannerie de cuir où on teint encore le cuir à la main. Le cuir doit tremper quelques jours dans une solution d’eau, de teinture naturelle et de merde de pigeons (oui! oui!). L’odeur ici est infect mais ça ne semble pas trop affecter les travailleurs qui ont les deux pieds littéralement dedans.

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Ici, un artisan qui manœuvre un métier à tisser manuel

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un autre travaille le cuivre

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et d’autres qui font des tuiles de mosaïque, une par une, à la main et au marteau.

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Coucher de soleil sur la vieille ville. 50 000 personnes vivent dans cette ville où on trouve 9,600 rues et ruelles. Un véritable labyrinthe. Une chance que Google Maps existe parce qu’on y serait encore je pense.

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Fin de la journée et collation. Pas pu résister d’essayer ça! Tsé quand t’aime ça l’aventure.. J’en ai pas racheté 🙂

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Jour 7

Aujourd’hui, journée relaxe. On est aller se taper le nez sur le palais impérial de la ville qui n’est pas ouvert aux touristes. On peut juste en voir la porte extérieure.

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Un super beau parc

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Eux aussi, ils ont des clémentines du Maroc!

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Au Maroc, il y a 3 choses qu’on retrouve dans chaque ville. Une fontaine pour l’eau pour ceux qui n’ont pas l’eau courante, un four à pain communautaire pour que chacun puisse cuire son propre pain et un hammam, un bain publique, genre de Spa, normalement non-mixte. On en trouve un privé qui offre des services mixtes et on va se faire dorloter.

 

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Jamais rien vu de pareil! On nous installe d’abord dans un genre de sauna qui date des années 1700 avec des lits/sièges en marbre. On nous chauffe la couenne  pendant un bon 20 minutes pour ensuite nous enduire de savon noir, nous scrubber avec un gant en crin qui est parti avec environ 5 livres de peaux mortes.

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On termine le tout par un rinçage à l’eau très chaude et un massage par une spécialiste qui me donnait l’impression d’avoir quatre mains. Superbe expérience!

Deuxième semaine

La deuxième semaine se résume en ces quelques mots: Pluie, froid, panne d’auto, attente, ticket de vitesse et route. Je vous montre quand même quelques photos:

Chefchaouen, la ville bleue

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Avec son lavoir publique qui est toujours fréquenté

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A Rabat, on a visité le mausolée de Hassan II, dictateur mort il y a une vingtaine d’années. Les 4 gardes qui sont là ont l’air en s’ennuyer solide mais le chanteur/prieur a un certain talent.

 

Un faux palmier en béton qui sert de cache à une tour cellulaire.

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La superbe mosquée Hassan II de Casablanca! Très impressionnante!

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Question de pas être trop dépaysés à notre retour, on a fini notre voyage par une journée au centre-d’achat de Casablanca qui a un cinéma IMAX, un parc d’attraction et un aquarium.

 

Si vous vous êtes rendus jusqu’ici, merci pour votre intérêt et votre patience. Je recommande le Maroc à tout le monde, c’est un merveilleux pays avec une très belle culture qui vous assurera un dépaysement complet. Je compléterai mes notes de voyage par un autre article qui portera sur ma perception du monde musulman au travers du prisme marocain.

Rencontre avec le désert 

 un moment donné, je sais que je vais perdre le réseau complètement . On est sur la route qui nous mène vers notre premier campement . Une route aux paysages incroyables avec des travaux majeurs à tous les 5km. De chaque côté de la route, des collines de sable et de roches qui ont été sculptées par les intempéries . Il y a des villages et quelques palmeraies, touches de verdure dans ce paysage aride.  Ça n’est en fait que le début , la porte du désert du Sahara. Contrairement à Marrakech , ici toutes les femmes sont voilées et les hommes portent la tunique traditionnelle . Certains sont à dos d’âne. Le choc culturel est complet! Je suis dans un reportage de National Geographics! 

En bon occidental, j’appréhende le moment où je serai complètement déconnecté même si c’est une des raisons qui m’ont attiré ici. Depuis plus d’un mois , je suis connecté en permanence sur la campagne électorale américaine et comme un voyeur qui regarde une télé réalité,  je ne peux m’empêcher de d’haïr Trump et de souhaiter son élimination au prochain épisode. Mais voilà, sans y penser , j’ai choisi ma date de voyage sans voir que je serais au beau milieu d’un néant numérique  le jour même de l’élection ainsi que les 2 suivants.  En même temps, j’ai presque hâte de m’infliger ce manque comme un junky qui dit qu’il peut s’arrêter quand il veut!

Arrivés à un certain point, on nous dépose sur le bord de la route et nous faisons une pause pour le dîner fait de pain,  de poulet grillé de fromage et d’olives.  On nous installe par terre et on mange avec nos mains. 

Les chameliers (ou dromadairiers,  je ne sais pas ) arrivent avec leur dromadaires calmes et impressionnants. 

J’ai pu faire la connaissance de mon groupe hier soir au souper.  Onze français et belges et je suis le seul québécois.  Ca fait bien mon affaire! J’ai vécu en France pendant 18 mois à la fin du siècle dernier et j’ai toujours eu assez de facilité à m’intégrer aux européens. Je voulais être dépaysé alors je fais d’une pierre deux coups.   C’est un groupe très intéressant et calme, pas de tête croche, en tout cas, pas jusqu’à maintenant.

 Il y a une famille de belges , la mère avec ses 2 fils de 22 et 19 ans. Une mère parisienne et sa fille de 30 ans. Regis, un gastro entérologue de 57 ans,  super cultivé et drôle.  Il y a Vincent et Caroline, petit couple parisien de 30 ans très speedés. Lui parle beaucoup et elle est très nerveuse mais ils sont très sympathiques. Il y a 2 autre personnes seules et notre super guide,  Amid, qui répond à toutes nos questions et trippe à nous faire découvrir le désert,  sa langue et sa culture.

Après une heure et demie de marche,  on s’arrête pour monter le campement. Une grande tente salle à manger, une autre pour les chameliers et plusieurs tentes igloo pour deux personnes. Certain diront que je suis un peu snob mais je me suis pris une tente pour moi tout seul.  On passe une semaine complète dans le désert sans autre eau que celle que l’on boit,  ce qui veut dire pas de douche ou même de lavage à la débarbouillette. L’idée de me retrouver avec un inconnu  dans une tente dans ces conditions ne me faisait pas vraiment tripper. En plus, je dors à l’hypothénuse (en diagonale) puisque la plupart des tentes sont trop petites pour moi. J’ai l’impression  que je ne vais pas regretter mon choix! 

Le paysage autour du campement est tout simplement spectaculaire. 

Bon là j’ai vraiment plus de réseau! Aucune idée quand ça reviendra. . . 


Jour 2

La première nuit en camping s’est plutôt bien passée. Étonnamment,  j’ai dû mettre des bouchons pour arriver à m’endormir. Des chiens,  dans un village près de nous aboyaient sans arrêt et un de nos dromadaires a décidé de prendre une marche près des tentes. Quand ils sont en rut,  ils se mettent parfois à faire un espèce de son glutural avec leur langue qui ressemble à quelqu’un qui aurait l’estomac vide mais en beaucoup plus fort comme vous pouvez l’entendre dans cette  vidéo.

On dit que le dromadaire blatère, le mot déblatérer viens de là ! 
La température cette nuit est descendue autour de 5 degrés celcius,  une chance que j’ai un bon sac de couchage! On s’est levés avec le soleil et paquetés nos petits avant le déjeuner. Je me suis fait posé des questions sur mon beurre de pinottes que les Français ne connaissaient pas. Pas pu m’empêcher d’en amener, j’ai besoin de plus que du pain et de la confiture pour tenir.

Ensuite , départ pour une journée de 4.5 heures de marche. On est toujours à l’entrée du désert alors on peut encore voir des îlots de verdure,  c’est superbe. 

Sur notre chemin,  on croise un espèce de village, un genre d’ancien monastère où les nomades s’arrêtaient il y a longtemps.  Il y a encore des gens qui vivent ici et ça nous permet de se réapprovisionner en eau, c’est la dernière fois pour cette semaine.

Je commence à réaliser à quel point il est possible de consommer peu d’eau dans une journée. Environ un litre et demie pour boire, encore un peu pour le thé, 3 fois par jour. Le reste pour le lavage de mains et des dents. Moins de 3 litres par jour comparés aux 100 à 200 à la maison,  c’est toute une différence!  Notre guide nous parle constamment de l’eau,  de l’importance de ne pas la gaspiller, que l’eau c’est la vie , etc… C’est vraiment au coeur de préoccupations . Voici dnotre réserve pour la semaine pour 17 personnes. 

Même si ça fait juste deux jours qu’on est parti, je commence réellement à intérioriser le désert.  On marche en silence dans un endroit où on a l’impression que la main de l’homme n’a jamais mis le pied. Je me concentre sur la place où je mets les miens,  je me suis assez pété la gueule cette année.  Je suis comme dans une espèce de trance. Tu penses plus à rien et tout à coup tu lève la tête et tu vois ça a perte de vue ! 

Même si je sais que c’est le jour de l’élection américaine, j’en ai vraiment plus rien à faire. Je suis dans le ici et le maintenant et c’est pas un gros con orange qui va me gâcher ça ! 

Jour 3

Aujourd’hui,  on y est! On est entrés dans le désert que tout le monde imagine,  celui des dunes de sable et de Tintin au pays de l’or noir. 

Pour y arriver, on a marché plus de 4h, longé une rivière pratiquement asséchée (le Draa)

 et traversé une plaine de roches. 

Le soleil commence à taper assez fort merci. On l’a en plein visage toute la journée alors ça prend de la crème solaire et un chèche,  une espèce de foulard en tissus qu’on passe autour de la tête. 

Ca protège super bien du soleil,  de la chaleur et des maudites mouches qui nous harcèlent dès qu’on s’arrête un peu. Malgré tout,  il fait pas si chaud que ça , environ 25 degrés. L’été,  ça monte à plus de 45 degrés.  Il fait tellement chaud que les pierres fendent littéralement en deux! 

On s’arrête pour monter le campement et on passera deux nuits ici.

Le point de vue est superbe! 

Et le coucher de soleil. 

Jour 4

On a marché autour de notre campement aujourd’hui,  alors pas grand chose à signaler côté paysage à part des dunes de sable et un autre coucher de soleil exceptionnel! 

Côté hygiène,  à voir la réaction des mouches quand on arrive,  on doit pas sentir super bon. C’est quand même beaucoup moins pire que ce que je pensais. Je me « lave » tous les soirs avant de me coucher avec des serviettes humides du genre pour bébé. C’est un peu collant après mais j’ai au moins l’impression d’être propre.  Pour la toilette,  on repassera! Un trou dans le sable avec une petite tente pleine de mouches au dessus! Faut être motivé en sibole! 

Le gros avantage de voyager avec des Français, c’est qu’ils sont vraiment difficiles côté bouffe. Étant donné que l’agence qui organise le voyage est française,  elle doit fournir de bons repas si elle veut survivre. On a un super cuisinier qui arrive à nous faire des repas excellents sans frigo et avec un équipement réduit. 

Pour le pain , il est fait directement sur place.  On ramasse un peu de bois en marchant dans le désert et le pain est cuit dans un four creusé dans le sable. 

On mange tout le temps mais c’est super santé. Plein de légumes, de fruits et de poisson en canne. On boit du thé vert comme des tous mais ils le servent avec une quantité incroyable de sucre qui ferait pâlir de ridicule une canne de coke.

Avant le souper,  un des membres du groupe va s’asseoir avec le cuisiner et les chameliers dans leur tente et ils commencent à faire de la musique arabe. Rapidement ,  tout le groupe les rejoint et c’est le party dans la place. 

Jour 5

Dernière journée complète dans le désert mais non la moindre. On a 6h30 de marche à faire et j’ai deux ampoules aux pieds qui viennent d’exploser. Dire que le sable est partout est un euphémisme. Mes souliers de marche ont un dessus en filet qui laisse bien passer l’humidité mais aussi le sable qui lui passe à travers les bas. On s’en rend pas trop compte mais ça use la peau à la longue.  

Après la pause du dîner,  tout le monde part de son bord. Certains lisent,  d’autres dorment et d’autres comme moi s’installent à l’écart sur une dune de sable. En fermant les yeux, je me rend compte du silence assourdissant qui règne ici. C’est pas un silence de nature comme chez nous où y a toujours des bruits de branches,  de feuilles et d’oiseaux. Ici,  il n’y a strictement rien,  on se croirait presque dans une tombe…jusqu’à ce que les maudites mouches me retrouvent! 

En après-midi, on passe par un ancien village où vivent maintenant encore une cinquantaine de personnes.  De l’extérieur , le village a l’air d’une forteresse. 

On entre à l’intérieur des murs et on croise le chef du village qui nous invite à prendre le thé chez lui. Les murs ont plus d’un pied d’épaisseur et sont faits d’argile et de paille. C’est très frais car le soleil n’entre pas directement et  y a un courant d’air qui suit les rues.  

Quand on entre dans sa maison, on est tous surpris par ce qu’on y voit (désolé, pas le droit de photos) . Les pièces sont très  grandes avec des plafonds d’au moins 15 pieds de haut.  Les murs sont peints en blanc à partir du bas jusqu’à la moitié. Ils ont de l’électricité pour l’éclairage.  Il y a même une vieille télé avec un lecteur VHS qui ont l’air de fonctionner dans un coin. La femme du chef nous fait un thé avec une quantité de sucre incroyable.  Elles nous demande si on a des gouttes pour les yeux puisqu’elle fait une infection et qu’ils n’ont pas accès à des médicaments facilement.  Quelques personnes lui en donne pour qu’elle les garde.

Le voyage achève, on monte notre dernier campement, c’est le retour demain matin. 

Jour 6

En remplissant la fiche d’évaluation,  j’essaye de trouver des points négatifs à ce voyage et je n’en trouve pas. La bouffe, les paysages, le niveau de difficulté, les gens, le guide, le confort général, tout était génial. J’étais venu dans le désert pour être avec moi même et c’est réussi! En même temps,  j’ai rencontré un groupe de personnes trippantes et respectueuses, très loin du cliché des Français qui s’engueulent tout le temps. La sainte sibole de paix avec un groupe de 12, faut le faire!  
J’ai eu une connexion internet pendant environ 10 minutes hier.  Assez longtemps pour constater la gueule de bois planétaire qui a suivi l’élection de Trump. Étrangement, ça ne me fait pas grand chose. À quelque part, je sais qu’à partir de maintenant, je n’ai qu’à me replonger en pensées dans le désert Marocain pour me reconnecter avec ce qui est vraiment essentiel! 

Pour terminer,  une photo de mon groupe! 

Je recommande fortement ce voyage à ceux qui veulent vivre ce genre d’expérience.  La compagnie qui les organise s’appelle Terre d’aventure (www.terdav.ca),  la randonnée s’appelle « La caravane du sud ». Si vous avez des questions ou des commentaires,  allez-y fort,  ça me fera plaisir d’y répondre .  En attendant,  je pars chercher ma blonde à l’aéroport pour un autre deux semaines à visiter le Maroc en 4×4!

C’est un départ – prise 2

Me revoici à l’écriture après plusieurs mois de pause. En raison d’un deuxième pétage de gueule en catamaran avec mon petit frère , j’ai dû subir une chirurgie au genou et me tenir tranquille pour la récupération. Pas d’histoire d’horreur sur le système de santé à raconter cette fois-ci,  j’ai payé 3,000$ et le tout était reglé en 10 jours. Au public, j’en avais pour au moins 6 mois à attendre sur des béquilles, alors pas question! Tout va bien maintenant,  et c’est ce qui compte! 

J’arrive aujourd’hui à Marrakech pour un voyage de 3 semaines au Maroc, voyage qui je pense sera très différent de ceux que j’ai fait jusqu’à maintenant. J’ai voulu changer des voyages en Europe comme j’en ai fait au cours des dernières années et aller tâter un peu du tourisme d’aventure. Ça fait plus d’une semaine que je suis dans les achats et les bagages pour préparer ma semaine de camping dans le désert.  Une chance que je pars pas pour le mont Everest , j’aurais bien eu besoin de 6 mois ! Quand tu pars en camping en chameau, faut que ton stock soit léger alors je suis allé me faire arnaquer chez La Cordée et je suis parti avec 40 livres de stock qui pèse rien! 

Je vous laisse avec la photo d’un nouvel ami rencontré à Marrakech et je vous reviens avec des images du désert dans quelques jours . 

Pensez-y bien avant d’aller seul à l’urgence!

J’ai récemment été victime d’un accident de vélo lors d’un voyage à Cuba, ce qui m’a laissé avec une hanche fracturée. Bien que j’étais dans une région reculée du pays et que son hôpital ne payait pas de mine, j’ai rapidement été radiographié,  traité et renvoyé à mon hôtel en ambulance, le tout pour 200$, et ce, en moins de 2h.

À mon retour à Montréal, je me suis présenté à l’hôpital Lakeshore pour obtenir un second avis et un suivi médical adéquat. Après plusieurs heures d’attente, on décide de me transférer à l’hôpital Général de Montréal en ambulance afin que j’y subisse une chirurgie. L’expérience vécue à cet endroit m’a profondément choquée et me fait maintenant craindre pour ma propre sécurité et celles des membres de ma famille qui auraient à s’y faire soigner.

Dès mon arrivée, l’employée à l’accueil de l’urgence donne le ton lorsque je lui demande de  l’aide pour mettre un bas sur le bout des orteils de ma jambe immobilisée qui sont exposés au froid de la porte qui ne cesse de s’ouvrir et fermer. « That’s not my job! » qu’elle me répond en tournant les talons. On me transfère ensuite sur une civière où j’ai pu vivre l’expérience d’un séjour dans le corridor. J’avais souvent entendu parler des gens pris sur une civière durant plusieurs jours aux urgences, mais tout ça m’a toujours semblé plutôt lointain jusqu’à maintenant. Après avoir subi radios et scans, j’ai dû attendre plus de 6 heures pour rencontrer un médecin stagiaire qui m’a expliqué que mon cas nécessitait une chirurgie, dès le lendemain, contrairement à ce que le médecin cubain avait affirmé. Je me suis donc installé pour la nuit et ma conjointe a pu aller dormir un peu.

Ma civière était située près de l’entrée de l’urgence. À plusieurs reprises des préposés passent en criant le nom d’une personne qu’ils cherchent, comme s’il l’avait perdu. On vient me demander si je m’appelle Marc ou David.  J’entends une infirmière demander à une patiente sur civière de lui donner un échantillon d’urine. Elle lui laisse un contenant et la laisse s’arranger seule. La patiente, de toute évidence en proie à de vives douleurs abdominales tente de franchir seule les quelques pas qui la sépare des toilettes quand un visiteur des urgences surgit subitement et atteint la porte des toilettes avant elle. Elle s’écroule sur le sol en gémissant et doit attendre plusieurs minutes que l’homme ressorte.

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Je dois essayer de dormir mais c’est très difficile. Les lumières sont allumées et il y a ce va-et-vient incessant dans le corridor, les portes qui claquent, la chasse d’eau de la toilette. Il y a une patiente assise sous le téléphone public et qui converse avec ses proches à quelques mètres. Des gens qui visiblement n’ont pas de problèmes physiques discutent de leur parcours scolaire, bien assis dans la salle d’attente.

Vers 1h du matin, on vient me chercher pour d’autres radios, je suis à demi endormi, mais la préposée retire le frein de ma civière avec fracas et m’amène tout de go. Au retour, en raison de l’étroitesse du corridor, elle heurte le mur avec mon pied blessé qui dépasse de la civière. En s’excusant, elle m’explique que l’hôpital a été refait il y a quelques années et que les portes n’ont pas été élargies faute de budget pour en acheter des neuves. On a donc une configuration qui date du siècle dernier…

Un stagiaire qui ne peut répondre à mes questions les plus simples vient ensuite me faire signer les papiers de décharge en m’expliquant à quel point la chirurgie est nécessaire. Un autre vient m’ausculter pour détecter de potentiels problèmes pouvant retarder la chirurgie. Il sera interrompu par son téléphone et je ne saurai jamais si le test a été fait au complet puisqu’il ne reviendra pas après son appel. Je me recouche en me rappelant que j’ai mes écouteurs et ma musique dans mon sac. J’y branche mon téléphone avec de la musique et j’arrive enfin à dormir quelques heures.

À mon réveil, je suis toujours confiné à ma civière, je sonne sur le bouton installé sur le mur près de ma civière pour obtenir de l’aide pour aller aux toilettes.bouton

Personne ne vient. Plus de 20 minutes plus tard, je demande l’aide d’une infirmière qui passe par hasard. Quelqu’un avait, semble-t-il, annulé mon alerte au poste d’infirmières. Heureusement que je n’étais pas en détresse respiratoire ou cardiaque. Je lui demande une paire de béquilles afin d’aller aux toilettes, mais elle me répond que l’urgence ne dispose pas de béquilles, que je dois aller en acheter moi-même. Je devrai donc me soulager dans un pot en attendant. Je lui demande de l’eau pour boire. Elle me dit qu’elle s’en occupe, mais je ne la reverrai jamais.

Je demande plus tard un petit déjeuner à une autre infirmière, voici ce qui me sera servi.

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Je comprends très bien que je ne suis pas dans un hôtel cinq étoiles, mais je suis blessé, à l’hôpital et mon corps a besoin de nutriments pour se guérir. Les deux toasts que vous voyez ont été réchauffés au micro-onde et sont tout raides. Le germe de blé a une croûte sèche en surface et est tiède. C’est de loin le repas le plus infect qu’il m’a été donné de manger d’aussi loin que je me souvienne. Je le mange quand même devant l’absence d’alternative, je n’ai rien avalé depuis plus de 24 heures. J’apprendrai plus tard que le budget repas de l’hôpital est de 2$ par patient par jour, soit 66 cents par repas! Une grande partie est jetée à la poubelle, car jugée à juste titre immangeable. Les patients se voient alors offrir un contenant de lait protéiné Ensure qui coûte 3$ la bouteille. Allez comprendre! Plusieurs patients n’ingurgiteront rien d’autre durant tout leur séjour à l’hôpital.

Un couple de personnes âgées est arrivé plus tôt dans la nuit. L’homme frêle, qui a 85 ans, explique à son épouse, qui est hospitalisée pour difficultés respiratoires, qu’il s’est stationné  gratuitement dans la rue mais qu’il devra revenir en autobus lundi puisque le stationnement coûte plus de 20$ par jour. Elle demande à déjeuner, il est content, elle n’a rien avalé depuis plusieurs jours. Lorsqu’elle reçoit un plateau identique au mien, elle le rejette après la première bouchée. Même verdict que le mien,  immangeable! Elle qui est déjà très faible sautera donc ce repas. En raison de la grande intimité qui règne, je suis témoin quand une infirmière vient la voir pour changer sa culotte et constater qu’elle est vide. La dame est déshydratée. Elle voit au dossier qu’elle n’a pas ingurgité d’eau depuis plus de 12 heures, personne n’ayant pensé à la faire boire.

À midi, ma fille me fait la surprise de venir me voir. Un médecin passe et m’indique que finalement, je n’ai pas besoin de chirurgie. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé pour ce changement. Il m’indique que ma condition est très dangereuse et que mon fémur pourrait passer à travers mon bassin si jamais je tombais, que je dois donc rester ici encore un peu et que j’aurai une chambre très bientôt puisque je suis officiellement admis. On me transfère dans le corridor de l’aile psychiatrique, du moins, c’est ce qui est écrit sur la porte. Ma fille m’apporte un repas décent et santé de la cafétéria de l’hôpital. Hors de question que je remange leur bouillie infecte.

Sortir d’ici

Plus les heures passent, plus l’angoisse de passer une nouvelle nuit dans le corridor monte. Je questionne les infirmières quant à la disponibilité des chambres et je vois bien que j’ai plus de chance de voir une licorne chevauchée par le père Noël que d’en avoir une. Ma conjointe étant revenue avec des béquilles, je vais aux toilettes pour découvrir qu’elles ne sont pas adaptées pour les personnes handicapées. À deux reprises, j’ai failli me casser le cou en tentant le 180 degrés nécessaire pour y entrer. Ma civière est entre deux toilettes qui génèrent plus de succion qu’une toilette d’avion et ont un grillage d’aération dans le bas de la porte laissant entendre tout ce qui s’y passe.

Vers 22h, après avoir partagé la douleur d’une autre patiente qui a de multiples fractures au bras et qui était persuadée qu’elle devrait se faire amputer, je n’en peux plus, je veux partir d’ici. Je  tente donc de convaincre l’infirmière de m’obtenir mon congé. Je lui explique que, bien que ce soit maintenant normal pour elle, ce qui se passe ici ne l’est pas du tout. Je me sens littéralement en danger. Qu’arrivera-t-il si je dois me lever au courant de la nuit pour aller à la toilette, pour boire? Si je tombe, si j’appuie sur le bouton et que personne ne vient. Aussi, j’utilise de précieuses ressources (un rideau, 2 mètres carrés de corridor) qui pourront servir à d’autres qui sont encore pris sur une chaise droite dans la salle d’attente. Elle confirme avec le médecin, me remet un ziploc avec une dizaine de tylénols et je peux enfin partir, je suis libéré. J’étais bon pour rester ici encore 2 jours de plus si je n’avais rien dit. En consultant mon médecin de famille, je découvrirai que le médecin qui m’a donné mon congé a oublié de me prescrire un médicament qui éclaircit le sang afin d’éviter les embolies qui résultent souvent de ce genre d’accident et qui est prescrit de façon automatique dans les cas comme le mien.

Conclusion

En rétrospective, je me pose la question suivante : Jusqu’où allons-nous tolérer ce genre de traitement? On peut bien en rire comme l’a fait Martin Matte dans Les beaux malaises, mais la réalité est encore bien pire. On ne parle plus seulement des « capricieux » qui refusent d’attendre 5, 10 ou 15 heures avant de voir un médecin, on parle maintenant de manquements graves aux besoins les plus élémentaires. Si vous êtes seul et confus à l’urgence, les chances qu’on s’occupe de vous faire boire, vous faire manger, de changer votre culotte, vos pansements ou de vous donner vos médicaments sont totalement aléatoires et d’après ce que j’ai vu à l’hôpital Général de Montréal, bien minces. Combien de personnes ont aggravé leur condition ou sont même décédées par toute cette négligence?

Je ne prétends pas avoir la solution aux problèmes de nos urgences. Ce qui est clair par contre, c’est que nous avons fait le choix de société de donner un monopole à l’état pour qu’il prenne soin de nous en échange de plus de 50% de nos impôts. Ce que nous obtenons en retour, nous ne le tolérons même pas pour un chat de ruelle. Malheureusement, on se tait et on assiste, impuissants, à ce traitement dégradant et inhumain. Le gouvernement a une obligation de livrer la marchandise et il y échoue lamentablement en toute impunité depuis trop longtemps. Il est évident que ça n’est pas en transformant les CSSS en CIUSSS ou avec la création de je ne sais trop quelle autre structure kafkaïenne que l’on réglera quoi que ce soit dans les urgences. Je crois fermement que le gouvernement doit se désengager de la livraison du service des urgences et en laisser la gestion à l’entreprise privée ou à une autre structure externe au réseau public de la santé tout comme il le fait présentement pour certaines chirurgies en clinique privée. En attendant, j’invite tous ceux qui sont témoins de défauts de traitements à les signaler au commissaire aux plaintes et à la qualité des services responsable de l’établissement concerné. Si vous êtes insatisfaits, un deuxième recours est possible via le protecteur du citoyen. Ces démarches ne changeront pas ce système dysfonctionnel mais elles vous permettront de vous faire entendre et nous permettra de comptabiliser ne serait-ce qu’une infime partie des manquements qui ont cours et qui ne sont jamais dénoncés. Je vous invite aussi à laisser vos témoignages au bas de cette page ou à communiquer directement avec moi à longprep@hotmail.com.

Site web d’Educaloi : https://www.educaloi.qc.ca/capsules/porter-plainte-legard-des-services-de-sante-et-des-services-sociaux