La Patagonie,  quel spectacle! 

En arrivant à El Chalten, petite ville touristique de 1500 habitants qui doit en accueillir autant en touristes, on se dirige vers le guichet automatique à deux pas de notre hôtel. Le guichet indique qu’il ne peut pas donner d’argent en ce moment. J’en trouve un deuxième exactement dans le même état et on m’indique qu’ils ne seront pas en service avant lundi puisque demain c’est dimanche. Il n’y en a pas d’autres dans la ville. Ça va pas bien, il me reste environ 25$ dans les poches. On part vers une épicerie pour s’acheter à manger mais elle ne prend que du comptant. Ils nous envoient à une deuxième qui elle aussi ne prend pas la carte et ceux-ci nous renvoient vers une troisième qui elle accepte les cartes de crédit. On fait notre épicerie pour découvrir que le terminal de carte ne marche pas! C’est assez paradoxal de se retrouver dans un pays appelé Argentine et manquer d’argent! Je commence à m’inquiéter un peu pour l’essence alors je vais virer à l’unique station service de la ville qui n’a qu’une pompe et devinez quoi? Ils ne prennent que du comptant ici aussi. Pas certain d’avoir assez d’essence pour me rendre au village voisin qui est à trois heures de route d’ici. On fait l’inventaire de ce qui nous reste à manger.  On va probablement manger pas mal de pinottes bio mais on devrait pas mourir de faim. Je ne me souviens pas avoir été mal pris comme ça avant.  On encore loin de Walking Dead mais j’espère que ça va se régler vite. On fini par trouver un resto qui utilise un terminal de carte de crédit différent et qui marche correctement. On est bons pour les prochains jours! 
Dimanche 

On décide de continuer à conditionner nos corps pour le gros trek de lundi. On part en faire deux « petits » qui prendront environ quatre heures. C’est ici que le fun des belles photos commence! 

Il y en a une qui était contente qu’on ait trouvé ce restaurant là. Cuisine végane super bonne. A vrai dire, j’étais pas fâché non plus, la bouffe jusqu’à maintenant n’a pas toujours été très santé. Ils nous ont préparé un méga lunch qui a duré deux jours. 

Lundi

On part aujourd’hui pour aller vers un point d’observation du glacier Fitz-Roy. Près de vingt kilomètres qui prendront plus  de 8 heures à compléter. On se fait transporter en autobus à 8h du matin pour nous rendre plus loin dans le parc.  Ca nous évite de faire un aller-retour par la même route et nous permet de voir d’autres paysages. 

On est particulièrement en forme,  nos petits bobos des derniers jours sont disparus et on est plein d’énergie. En cours de route,  je fais la gaffe de dire (en blague) à ma blonde que je suis quand même content de l’avoir avec moi parce qu’elle ne me retarde pas trop. C’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Comme par magie, notre vitesse commence à augmenter parce que ma blonde elle aime ça quand ça avance. En plus,  j’ai bien compris que le 8h prévu, elle trouvait ça un peu trop long. Je pense que si elle faisait la route de Compostelle, elle essaierait d’arriver en premier! Comme de fait,  on a fait le trajet en 6h au lieu de 8h.

Les vues sur ce trajet sont de loin les plus belles jusqu’à maintenant. Certaines d’entre elles m’ont ému au point d’en perdre la parole. Il y a malheureusement des limites à ce qu’un appareil photo peut rendre comme impression.

Un campement, pas que je pourrais qualifié d’intime,  en haut de la montagne. 

Et oui, de l’eau fraîche de glacier, 

 
De retour au village, on se rend au guichet qui fonctionne finalement.  Il y a une file qui attend à la porte.  À un certain moment, on était plus de 20 à attendre. 
Chacune des personnes prend plusieurs minutes au guichet.  On dirait que c’est la première fois qu’ils en utilisent un. En regardant comme il faut, je me rends compte que chaque personne fait plusieurs transactions. Les gens sont échaudés et ils retirent tout ce qu’ils peuvent au plus vite.  J’espère qu’ils ont mis beaucoup d’argent dedans parce qu’avec les centaines de touristes mal pris qu’il y a ici, ça va pas durer longtemps à ce rythme là. Je vais ensuite mettre de l’essence, on est prêts pour demain! 

Reflection du jour 

On oublie souvent que notre confort et qu’à la limite, notre survie dépend entièrement d’infrastructures qu’on prend totalement pour acquis. Pouvoir retirer de l’argent au guichet, avoir de l’essence à la pompe ou de la nourriture sur les tablettes des épiceries n’est jamais un problème pour nous. Aucune de ces pénuries ne m’est jamais arrivée au Québec. Ici, les gens font la file partout et sont à la mercie d’une panne d’infrastructure qui peut durer plusieurs jours. J’imagine qu’on s’y habitue et qu’on prévoit en conséquence. Pour les touristes bien gras que nous sommes, c’est plutôt déstabilisant et ça peut te gâcher un voyage assez vite. 

Mardi 

Jour de la St-Valentin.  On va avoir une belle proximité aujourd’hui parce qu’on doit se rendre dans un autre parc national, cette fois-ci au Chili. Arrivés à la frontière après 4 heures de route, les douaniers nous demandent un papier pour la voiture. On leur donne nos immatriculations et le contrat de location mais il manque quelque chose.  Un des douaniers vient dehors avec nous et on fini par comprendre, grâce au traducteur de Google dans mon téléphone,  que ça prend un formulaire d’autorisation de la compagnie de location pour passer une voiture à l’extérieur du pays. Évidemment on l’a pas. On téléphone à la compagnie de location qui nous dit qu’on doit venir  le chercher à El Calafate, à 4h de route d’ici. Pas moyen de faire autrement! On pourra donc pas dormir au Chili ce soir.  Assez frustrant compte tenu du prix qu’on a payé la chambre dans le parc national Chilien.  On reprend donc la route,  de soir, vers El Calafate.

En voulant sortir du village où est la frontière, la route est bloquée par un barrage autochtone. Tsé quand ça va mal! Ils ne laissent passer que les véhicules d’urgence. Je me prépare à prendre mon mal en patience mais ma blonde est pas d’accord. Elle me demande de lui ouvrir le traducteur sur mon cell  et elle part avec voir ceux qui contrôlent la guérite. Elle montre le téléphone à un des gars en faisant des gestes d’avion avec ses bras,  elle a l’air paniquée. Le gars fait oui de la tête et il ouvre la guérite.  Je rejoins ma blonde et on passe en douce.  Elle vient de leur faire croire qu’on a un avion à prendre ce soir à El Calafate et qu’on va le manquer. Ça a marché!

En chemin,  on croise 4 renards qui s’amusent à passer devant les roues de la voiture pour me prouver qu’ils sont plus vite que moi. Malheureusement,  il en a un qui a perdu! On fini par arriver et par se trouver un hôtel qui lui non plus ne prend pas la carte de crédit.  Ils me vident de presque tout ce qu’il me reste d’argent. J’aurai pas fait longtemps avec mon motton. Je me couche après avoir fait une journée de plus de 12h au volant. 

Mercredi 

Après une autre journée de conduite,  on est enfin arrivés à notre hôtel au Chili en fin de journée. On prend le temps de prendre une petite marche pour voir un fragment de glacier près de notre hôtel. 

L’effet de la glace bleue n’est pas un trucage photoshop, elle est réellement bleue comme ça. Pour faire une histoire courte, c’est dû à la neige qui tombe au sommet du glacier et qui est lentement compressée en glace. Étant donné que la neige contient plus d’oxygène que la glace normale et que l’oxygène reflète bien la couleur bleue, on obtient de la glace bleue qui est de toute beauté. On dirait qu’elle est illuminée de l’intérieur par un LED.
Jeudi

 Il pleut aujourd’hui et la tentation est grande de rester dans le lounge de l’hôtel qui donne directement sur la montagne. 

Après deux jours enfermés dans l’auto et tout le chemin qu’on a fait pour voir ce parc,  pas question de rester en dedans.  On choisi un sentier pas trop loin et on engage un guide autorisé à nous y emmener parce que c’est une section protégée du parc. C’est une autre journée de 18km de marche qui nous attend et le guide nous dit que ça prendra 8h si tout va bien. On enfile tout ce qui porte l’étiquette de résistant à l’eau et d’imperméable.  J’ai pas jugé bon d’apporter mes grosses bottes de marche pour sauver du poids, j’ai seulement mes souliers de marche utilisés dans le désert. Après moins de  90 secondes après notre départ, je commence à sentir, sur mes pieds chauds et secs, la douce sensation froide et humide de l’eau qui dégouline de l’herbe et qui passe à travers mes bas. Il fait environ 9 degrés, c’est pas chaud! Finalement, je réussi à réchauffer mon jus de bas après une trentaine de minutes et bien que ce soit plutôt inconfortable, je prends ça comme une leçon de m’équiper correctement la prochaine fois. Pour le reste de mon équipement, l’eau finira par s’infiltrer partout. 

En cours de route, j’ai quand même pu prendre quelques photos même si mon cellulaire était tout mouillé. 

On a été chanceux de pouvoir voir un de ces cerfs. Ils sont en voie d’extinction et il n’en reste que quelques centaines en Argentine et au Chili. On comprend pourquoi ils vont disparaître quand on les approche.  Ils ne se méfient pas de ce qui les approche et ils restent sur place à observer.  Je me suis approché à une vingtaine de pieds et il n’a pas bougé. 

Vendredi 

On reprend la route aujourd’hui pour retourner encore une fois à El Calafate. Encore des heures  de route de terre defoncée et de superbes paysages sur la mytique route nationale 40.
On arrive finalement à notre airBnB en fin de journée pour trouver une ville grouillante de touristes à cause du festival du lac et de la fin de semaine qui commence. 

Samedi 

Aujourd’hui, excursion sur le glacier Perito Moreno,  l’attraction principale dans ce coin de pays. On se rend en autobus jusqu’au glacier, une route d’une heure et demie. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je n’ai rien lu sur le sujet. Au détour d’une courbe, on aperçoit l’immense glacier devant nous. C’est tellement magnifique que les larmes me montent aux yeux. Rarement vu un phénomène naturel aussi impressionnant. 

C’est quoi un glacier? 

Avant de venir ici, je confondais glacier et iceberg. C’est complètement différent. Voici comment se forme un glacier: l’humidité du Pacifique est apportée par le vent jusqu’au sommet de la montagne où elle se transforme en neige et s’y dépose. Elle fond alors tranquillement, le processus dure une dizaine d’années et elle se compacte en une glace très dense. La glace commence ensuite sa descente d’une trentaine de kilomètres jusqu’au lac en bas où elle se brise et fond. Ce processus prend plus de 400 ans. Contrairement au iceberg qui flotte sur l’eau, le glacier coule directement sur le rock. 

Devant le glacier qui fait quelques kilomètres de large par 200 pieds (70 mètres) de haut, les Argentins ont installé une passerelle de 4km sur plusieurs niveaux. On peut donc l’observer de tous les angles et parfois être témoins de la facturation de la glace qui avance d’environ 2 mètres par jour à ce temps-ci de l’année. 
Contrairement à la majorité des glaciers dans le monde qui sont en décroissance à cause du réchauffement climatique, le Perito Moreno est un glacier équilibré qui génère autant de glace qu’il en perd. On peut donc se réjouir sans remord de voir et d’entendre la glace se détacher. 
Après un trajet de 20 minutes en bateau vers le côté gauche du glacier qui est plus stable, on enfile des crampons sur nos chaussures et on monte directement sur le mastodonte.

On rempli nos bouteilles ici. Une eau pure tombée du ciel il y a 400 ans! 

Une crevasse qui va directement à la base du glacier et par où l’eau de fonte s’écoule. 

On fini ça avec un whisky sur glace et pas besoin de vous dire d’où vient la glace! 
Ici s’achève notre semaine en Patagonie, départ demain pour une semaine complète à Buenos Aires. On aurait pris encore un peu de trekking, on se reprendra en marchant dans la ville! 

 

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Publié par

masabbatique

Entrepreneur techno, adepte de technologies et de voyages. Je détaille ici les expériences vécues lors de mon année sabbatique débutée en mars 2016.

2 réflexions au sujet de “La Patagonie,  quel spectacle! ”

  1. Wowwww j’ai vraiment l’impression de faire partie de votre voyage mais au chaud car je suis au Mexique, tu as une tres belle plume si un jour tu ecris un livre je serai dans les premiere à le lire. Je vous souhaite encore tout plein d’aventure merci de nous partager de si beau moment et dit un beau bonjour ànta douce pour moi xxx Isabelle

    Aimé par 1 personne

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