Il était un petit navire…

Screenshot 2017-03-16 08.43.48J’ai un peu hésité quand mon frère m’a fait la proposition. Une semaine complète en catamaran dans le sud? Après m’être déchiré le ménisque avec lui l’été dernier sur son petit catamaran, je me sentais comme un gars qui apprend pas vite vite! En même temps, c’est comme une chute à cheval, si tu ne remontes pas rapidement, tu risques de jamais vouloir réessayer. Quand il m’a montré les photos du bateau, j’ai vu qu’on était complètement ailleurs. Un catamaran de 15 tonnes avec deux moteurs, des voiles et pouvant coucher 7 personnes dans 3 chambres à coucher ayant chacune une toilette. Une grande cuisine, une salle à dîner et plein de place pour s’évacher.

On est donc parti lundi passé avec les blondes, Éloïse ma plus jeune, la fille de mon frère et avec ma mère qui nage comme une brique mais qui aime quand même se retrouver près de l’eau.

Quand on est arrivés à la marina à Tortola, dans les îles vierges britanniques, il ventait fort mais il était prévu qu’on passe la nuit à la marina, question d’avoir un briefing sur le bateau demain matin, avant de prendre la mer. Après le briefing, la météo était encore pareille avec des nuages en plus. Mon frère, notre capitaine pour la semaine, en a vu d’autre et des pas mal pire. Il s’est construit lui-même un trimaran de 63 pieds il y a une dizaine d’années et l’a navigué dans les caraïbes pendant plus de deux ans. Si mon frère dit qu’on peut partir, c’est qu’on peut le faire…

On est à environ 40 minutes de notre destination, une petite baie où on devrait être protégés du vent. Pas question de sortir les voiles aujourd’hui par contre. Il y a des vents de près de 30 noeuds et y a pas mal de vagues alors on y va aux moteurs. On se tient tous sur le « flying deck » , un pont au dessus de la cabine principale, qui permet au capitaine de naviguer avec une meilleure vue. Ma mère décide de rester bien assise à l’abri,  dans la cabine principale.

Rendu en pleine mer, ça commence à brasser pas mal. On s’enfonce dans les vagues et vu d’en haut, c’est comme regarder les gens descendre la grosse côte dans la pitoune à la ronde. Tu sais que ça va brasser, mais tu sais aussi que tu vas rester bien au sec parce que t’es à 20 pieds de la vague. C’est là que je me dis que ma mère doit avoir un tout autre point de vue! Je descend dans la cabine principale et là ça brasse sur tout un temps. Tout ce qu’on a pas solidement attaché est en train de tomber par terre et ma mère fait des acrobaties pour essayer d’éviter le pire. Comme j’arrive, le loquet de l’armoire qui contient notre réserve de vin lâche sous un mouvement brusque du bateau et laisse s’échapper 3 bouteilles de notre meilleur blanc. Deux éclatent au contact du plancher et répandent leur précieux liquide à la grandeur de la cuisine. J’arrive à rattraper la troisième avant qu’elle ne finisse dans le même état. Y a de la vitre cassée partout, le plancher est glissant et il y a 7 personnes nu pieds à bord. Pendant que je ramasse le bordel, je vois un pot de moutarde sortir du frigo. Pour éviter d’avoir à ouvrir le frigo trop souvent et sauver de l’énergie, il y a une petite porte dans la porte principale du frigo qu’on ouvre en appuyant dessus pour accéder à l’intérieur. Cette porte-là non plus n’a pas tenu le coup. Une chance que mon frère a apporté une roulette de duct tape pour qu’on puisse la bloquer. Je fini par ramasser toute la vitre pendant que ma mère s’agrippe au pilier principal, son visage passant tranquillement au vert olive.

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Ma mère et son poteau dans la cabine principale en des moments plus calmes

On fini par arriver à notre destination sains et saufs pour découvrir quelques heures plus tard que ma blonde souffre du mal de mer. On découvrira aussi dans la soirée que le réservoir d’eaux que j’appellerai poliment « usées » du côté de la chambre de mon frère est percé et laisse écouler son précieux liquide derrière une armoire de sa chambre. Après s’être tapé la mer, on doit maintenant se taper la mer…de 🙂

On va se coucher le soir un peu épuisés en se disant que pour une première journée, ça pourrait difficilement être pire. En même temps, on a l’impression d’avoir su tenir tête à la mer et à son désir de nous montrer qui est le chef!

Pour plusieurs raisons avant notre départ, j’avais eu l’intuition que ça serait une bonne idée de couper cette semaine en deux en réservant une petite maison sur airBnB à St-Thomas, pour ma gang et ma mère. Pas eu besoin de tordre le bras à ma blonde et à ma mère pour aller à terre le lendemain, surtout que le ciel était encore menaçant et que le bateau devait subir quelques réparations côté toilettes.

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St-Thomas et la plage où on a passé la journée

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Ma mère et ÉloIMG_20170309_164124

À notre retour, mon frère nous dit qu’on avait bien fait parce qu’ils y avaient encore goûté la veille avec du vent et des grosses vagues. Par contre, à partir d’aujourd’hui, la météo annonce du soleil mur à mur et des vents raisonnables jusqu’à notre départ!

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Retour en zodiac vers notre bateau

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Après 3 jours complets de super température, c’est le temps de dire au revoir!

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Notre fameux retour

Ça fait plusieurs années que je voyage pour le plaisir ou le travail mais ce retour fut le plus épique que j’ai vécu. Le bordel a commencé lundi soir, lors de notre arrivée à New York pour une escale avant notre dernier segment de vol vers Montréal. Le vol est annulé à cause de la tempête qui s’en vient. On apprend, par la compagnie aérienne que le prochain vol disponible sera jeudi, si tout va bien. Comme Élo a déjà manqué un jour d’école et que ma nièce a des cours à l’université qu’elle ne peut manquer, on veut pas attendre jusque là. Mon frère prend la décision de se louer une voiture et de faire le trajet jusqu’à Montréal de nuit, avant que la tempête ne frappe. Nous, on décide de passer la nuit à New York et de prendre le train le lendemain. Mais là, on découvre que nos bagages sont pris quelque part dans l’aéroport étant donné que notre vol a été annulé. Des employés doivent les chercher manuellement pour nous les ramener trois heures plus tard.

On arrive à l’hôtel vers minuit pour se faire dire que la chambre n’est pas encore prête, que le personnel d’entretien a du retard et qu’il y a deux autres personnes qui attendent leur chambre avant nous. On aura finalement la chambre à 1h du matin. On se couche pour retrouver New York sous la fameuse « tempête » le lendemain matin. Mon frère me texte qu’il vient d’arriver chez lui et qu’il n’a pratiquement pas vu de neige en chemin. Je suis plus trop certain que j’ai fait le bon choix d’attendre…

On a pas de bottes, mais on arrive quand même à se rendre à pied à la gare à quelques coins de rues et à garder nos pieds secs tellement la quantité de neige est faible.

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Le train part à l’heure et est très confortable. Le trajet, qui dure normalement 11h s’est étiré sur 14h. Ce doit être très beau en temps normal mais là, la tempête nous a rattrapés et on voit pratiquement rien dehors.

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On arrive à Montréal vers 22h et on veut aller se coucher chez nous. Impossible de trouver un chauffeur d’Uber assez fou pour aller à Vaudreuil et impossible de trouver un chauffeur de taxi point. Je commence à chercher un hôtel qui a des chambres libres et au 7ème appel, je réussi à avoir la dernière chambre d’un hôtel pas trop loin. Les autres étaient tous complets. On s’essaye à pieds mais c’est trop malade. Des pelles mécaniques partout, les trottoirs complètement enneigés et il faudrait marcher dans la rue pour avancer. On se met à l’abri à l’entrée d’un édifice et j’appelle un Uber qui mettra plus de 30 minutes à nous rejoindre.

On fini par se coucher vers 1h du matin. Étant donné le bordel sur les routes le lendemain matin, on décide de prendre le train de banlieue vers Vaudreuil. Arrivés à Beaconsfield, dans l’ouest de l’île, le train tombe en panne de moteur!!! À ce moment-là, j’ai comme senti un début d’écoeurantite assez aiguë. J’ai appelé un taxi qui nous a finalement ramenés et on est arrivés chez nous à midi, un retour qui aura pris en tout plus de 48 heures.

Super voyage malgré tout! On aime ça l’action et on peut dire qu’on a été très bien servis cette semaine!

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