4 ans en voiture électrique – Retour sur l’expérience

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Quand j’ai changé de voiture il y a 9 ans, le choix de voitures à faibles émissions était très mauvais. J’ai remis ça à la prochaine. 5 ans plus tard (en 2014), la Tesla Model S, sortie l’année précédente était dans le paysage. Je venais de vendre mon entreprise et j’ai décidé que ça serait mon cadeau de récompense. Je parlerai des avantages particuliers à cette voiture plus bas. Pour l’instant, je veux m’attarder aux avantages de l’électricité et surtout commenter les supposés problèmes soulevés par les opposants. Qu’en est-il dans la vraie vie?

Les faux inconvénients

Les voitures sont laides ou coutent cher: c’est de moins en moins vrai. Des dizaines de modèles seront offerts dans les 2-3 prochaines années par plusieurs compagnies. Il y a déjà la Volt et la nouvelle Bolt de Chevrolet qui ont de la gueule. Si vous trouvez les Tesla laides, je ne peux rien pour vous  La nouvelle Tesla Model 3, qui vient juste de sortir, se vendra 45,000$ environ pour la version de base au Canada. Le gouvernement du Québec offre un rabais de 8,000$ à l’achat et rembourse la moitié des coûts d’installation du chargeur à la maison. Selon la distance parcourue, on épargne environ 2,000$ par année en essence. La voiture reviendra alors à environ 27,000$ sur 5 ans en comparaison à son équivalent à essence. Et je n’ai pas pris en compte les coûts d’entretien qui sont moindres. Bien sûr, c’est pour une voiture neuve. Regardez dans les voitures d’occasion, il y en a plein bien moins cher.

Quand tout le monde sera électrique, Hydro-Québec va monter les prix d’un coup et on sera tous pris: les prix de l’électricité sont régis par la régie de l’énergie, doivent être justifiés et augmentent de quelques pour cent par année. Si l’on compare ça aux augmentations des pétrolières qui se gâtent à coup de 20% en 24h quand ça leur chante… De plus, l’électricité coute environ 10% du coût de l’essence. C’est 8$ pour remplir ma voiture à la maison pour 400KM de charge contre 80$ pour mon ancienne voiture à essence. C’est 1.80$ pour un aller-retour au centre-ville à partir de l’ouest de l’île. Ils peuvent bien augmenter le prix de 700%-800%, ça sera toujours moins cher à l’électrique.

Ça va prendre des milliers de stations de recharge pour pouvoir supporter tout le monde: avec une voiture électrique, ta principale station de charge est à la maison et c’est pareil pour tout le monde. Tu pars tous les jours chargé à 100%. Depuis 4 ans, j’ai chargé à l’extérieur de chez moi moins de 5 fois par année. Il y a une station de recharge à mon travail où je ne me suis jamais connecté puisque je suis encore plein quand j’arrive. Les vrais besoins sont pour les voyages à l’extérieur et le réseau de bornes actuel est amplement suffisant. Si vous roulez en Tesla, les stations de charge rapide ont en moyenne de 8 à 10 « pompes » et je n’y ai jamais vu plus de 3 personnes.

Produire de l’électricité, ça pollue aussi: c’est un argument qui ne s’applique absolument pas au Québec! Notre électricité est 100% renouvelable et ne génère pas de CO2. Nous sommes aussi en surplus importants ce qui veut dire qu’on doit littéralement « jeter » une partie de notre électricité à l’eau. Plusieurs pays génèrent leur électricité par centrales thermiques qui génèrent de la pollution, c’est vrai. Par contre, elles doivent aussi « jeter » de l’électricité la nuit, où la consommation est réduite, mais les centrales doivent continuer à tourner. Cette électricité peut être récupérée par les voitures électriques. Plus important encore, votre voiture à essence perd une très grande partie de son énergie (essence) en chaleur et à tourner à vide dans le trafic, pertes qui sont inexistantes avec les voitures électriques.

Le temps de recharge est bien trop long: Charger ma voiture à la maison où j’ai un chargeur à faible capacité, prend environ 10h. C’est vrai que c’est long. Mais pour poser un problème, il faudrait que je roule plus de 400km dans ma journée, revienne à la maison et que je reparte pour un autre 200-300km quelques heures plus tard. Ça ne m’est jamais arrivé. Dans le meilleur des cas, avec les bornes de recharge rapides de Tesla, la recharge complète peut prendre environ 45 minutes. Encore une fois, on a très rarement à recharger à 100%. Par exemple hier, j’ai fait un aller-retour à Ottawa et je n’ai eu qu’à recharger pendant 10 minutes pour compléter mon voyage de retour.

Les batteries devront être remplacées et ça génère de la pollution:lorsque j’ai reçu ma voiture, le compteur affichait 428km lorsque chargé à 100%. 4 ans plus tard, j’en suis à 408km, soit une perte d’environ 1.25% par année. Tesla garantit qu’elles auront encore 70% de la capacité initiale après 8 ans ou 160,000km. Un sondage récent démontre qu’à 160,000km, elles ont en réalité plus de 90%. Ça n’a rien à voir avec les batteries de nos cells ou de laptop qui peuvent perdre 30-40% sur une période de 3 ans.

Les batteries Lithium-Ion nécessitent l’utilisation de ce qu’on catégorise à tort des « terres rares ». Les réserves mondiales de Lithium sont suffisantes pour des décennies à venir. Il est toutefois vrai que l’extraction du Lithium génère en effet une certaine pollution. Par contre, ces batteries sont recyclables. Tesla, qui est le plus gros producteur de batteries de voiture au monde, a installé une unité de recyclage à ses installations dans le Nevada. Plusieurs batteries sont aussi directement réutilisées pour faire des packs de batteries industriels ou pour alimenter des maisons.

Les vrais inconvénients (ou bémols)

Faut se méfier du compteur: la distance restante au compteur est basée sur une utilisation uniformisée de la voiture et peut varier grandement. Lorsque ma voiture indique 400km au compteur, je devrai rouler à 100km/h max. sur du plat et ne pas utiliser le chauffage ou la climatisation pour faire cette distance. Si on décide de rouler à 120km/h, on perd 20%. Pour le chauffage en hiver, ça peut aller jusqu’à 30% de plus. Donc si vous roulez à 120km/h par -25 degrés, vous ne ferez que 200km au lieu des 400km affichés. On peut facilement contrôler sa vitesse, mais on doit vraiment tenir compte du froid lors des grands déplacements. Tesla a maintenant ajouté un système de prédiction plus intelligent qui tient compte du dénivelé, de la température et de la vitesse pour nous donner une estimation réaliste sur un écran séparé. Ça permet de voir venir les problèmes.

Tomber en panne d’électricité, c’est pas drôle: ça ne m’est jamais arrivé, mais je me suis fait peur quelques fois. Lorsque ça arrive, il faut trouver un remorqueur qui accepte de s’occuper de ce genre de voiture et de la transporter à une station de charge où l’on devra attendre pour pouvoir repartir. C’est plus compliqué que d’aller acheter un bidon d’essence disons.

Malheureusement, c’est tout ce que j’arrive à trouver comme inconvénients.

Les vrais avantages

Ne plus aller « mettre de gaz »: brancher ma voiture ne nécessite qu’une main et 3 secondes et est plus facile que brancher mon cell. Plus besoin d’aller me faire geler à une station-service pour « gazer ». La jouissance d’éviter les hausses de carburant les jeudis ou à la veille des vacances pour des raisons bidon est infinie.

Les voies réservées: Les véhicules électriques peuvent maintenant utiliser la majorité d’entre elles. 20 minutes de moins de trafic pour rejoindre le centre-ville à partir de l’ouest de l’île à l’heure de pointe sur la 20. Il en existe quelques-unes dans la région.

La conduite à une pédale: Lorsqu’on relâche l’accélérateur sur une voiture électrique, elle freine tranquillement en utilisant le moteur en mode inverse et ça recharge la batterie en même temps. Après un certain temps, on en vient à utiliser la pédale de frein seulement pour les freinages d’urgence. C’est très agréable, surtout dans le trafic. Ça veut aussi dire qu’on change les freins beaucoup moins souvent!

Chauffer la voiture l’hiver: étant donné que la voiture est branchée sur le 220v, la réchauffer avant de partir prend 2-3 minutes. La Tesla apprend vos heures de travail et réchauffe la voiture toute seule. Aussi, il existe une option pour garder la voiture chaude (ou froide) lorsqu’on sort quelques heures. Super utile pour les soirées cinéma avec blonde frileuse.

De l’espace, de l’espace…: enfin une voiture où je n’ai pas à reculer le siège au maximum pour rentrer. Le moteur électrique est gros comme un melon d’eau alors l’espace récupéré est disponible. Le coffre est immense et il y a même une « frunk », un coffre à bagages à l’avant, où se trouve le moteur à essence normalement.

Les mises à jour logicielles: la Tesla est connectée en permanence à l’internet via sa propre connexion cellulaire. On reçoit donc des mises à jour régulières qui augmentent les capacités de la voiture. Par exemple, ils ont récemment ajouté une option pour ouvrir automatiquement la porte de garage lorsque j’approche de la maison et la ferme lorsque je pars, ça n’existait pas lorsque j’ai acheté la voiture.

La tenue de route: il faut le vivre pour réellement le comprendre. L’absence de bruit et de vibration du moteur. L’accélération instantanée est ce que j’ai vu de plus similaire à de la téléportation. Plus de changements de vitesse non plus. La voiture électrique passe de 0 à 120km/h sur la même vitesse. En hiver, sur surface enneigée, je n’ai jamais réussi à faire déraper la voiture à cause d’un système antipatinage qui réagit au millième de seconde, et je n’ai même pas le modèle à 4 roues motrices, mais celui à propulsion aux roues arrière.

La maudite conscience écologique: les coûts de nos choix polluants, on ne les paye pas encore. Nos enfants et petits-enfants le feront! Personnellement, ça me fatigue et bien que ce que je fais est peut-être une goutte dans l’océan, c’est une goutte propre! J’en ai marre d’attendre que tout le monde suive ou que ça soit rentable financièrement…

Je pourrais continuer encore longtemps avec des avantages, mais je vais m’arrêter ici.

Est-ce que c’est fait pour vous?

Si vous avez deux voitures ou plus à la maison, c’est un no-brainer à mon avis. Et vous risquez de vous chicaner pour savoir qui aura la chance de conduire la voiture électrique. Regardez dans les voitures d’occasion, elles ne sont pas toutes le prix d’une Tesla neuve et le gouvernement du Québec offre un rabais jusqu’à 4,000$ sur celles-ci.

Pour les autres, ça aide de faire réellement un exercice de « right-sizing », c’est-à-dire définir vos besoins réels, ne pas faire des choix pour des évènements qui arrivent 1-2 fois par année. J’avais un voisin qui avait un pick-up pour transporter trois 2×4 et un voyage de terre au printemps quand Home-Depot offre la livraison pour 20$. Tu fais un gros voyage dans la famille combien de fois par année? Peux-tu prendre 1h pour charger en chemin? Est-ce que cette heure « perdue » justifie vraiment de rouler à 12L/100km toute l’année? C’est vrai qu’il peut y avoir quelques inconvénients, mais avec un peu de réflexion, on trouve assez facilement des solutions.

L’important je crois, est de ne pas se fermer à cette option sur des arguments bidon poussés par l’industrie du gros char! À chaque changement de voiture, faites l’exercice de considérer l’électrique. Tôt ou tard, elle sera pour vous, c’est certain!

J’espère que mes mises au point vous aideront lorsque viendra le temps de changer de voiture.

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L’Afrique, la peur et le manque d’eau

Ça a commencé à la clinique du voyageur, quelques semaines avant de partir:

– Vous êtes à risque pour la typhoïde! que l’infirmière nous dit.

En plus, on pourrait se faire piquer par une malaria… Juste à y penser, je suis plus trop certain de vouloir partir. En posant quelques questions, j’apprends qu’il n’y a eu qu’un seul cas de malaria il y a un an chez un résident, dans la région où on va… Ça nous calme un peu…

Après, ce sont les commentaires des gens:

-C’est sécuritaire d’aller là?

-Vous êtes vraiment pas peureux!

Et il y a les statistiques :

-A Johannesburg, il mourra plus de gens par meurtre en une seule journée qu’à Montréal au cours de toute une année.

-Il y a 28% de chômage en Afrique du Sud

-Une personne (noire, évidemment) sur cinq est séropositive. L’espérance de vie des noirs est de 51 ans, contre 71 pour les blancs. Ça peut créer certaines frictions on imagine …

À ça s’ajoutent nos préjugés et tout ce qu’on a pu voir à la télé en Afrique : Boko Haram, les enlèvements, les guerres inter-ethniques, etc…

Pourtant, ce pays merveilleux est très facile à apprivoiser, pour la majeure partie. À aucun moment nous avons été menacés, même de loin.

Il y a bien eu un moment d’incertitude par contre. Nous étions dans la ville de Durban et j’ai un peu bad trippé! Ma blonde était à la recherche d’épices indiennes. Je sais, je sais on est en Afrique du Sud, mais la ville a une forte concentration d’Indiens. On trouve finalement sur Google un marché où il devrait y en avoir. On débarque là avec la voiture et on part à la recherche des fameuses épices. On marche quelques minutes, on demande notre chemin et on finit par trouver les fameuses poudres. Tout à coup, je sens que tout le monde qui passe nous dévisage. Je prends un peu de recul et j’observe le portrait.

Ma blonde a les cheveux blonds au vent et elle est habillée en rose fluo. Je suis habillé tout en noir, je dépasse tout le monde d’au moins deux têtes et on est les seuls blancs à des milles à la ronde. Je me dis que mon sac à dos doit bien contenir, juste en électronique, l’équivalent du salaire annuel de n’importe qui ici. En plus, notre auto louée est quelque part dans la rue sans surveillance et contient, elle, tous nos bagages.

Je me souviens alors du conseil donné par des gens à Johannesburg de toujours rouler les portes barrées pour éviter les carjacking (vol d’auto à la pointe du fusil quand tu t’arrêtes à une lumière). Pas certain que ce genre de personne aurait beaucoup de gêne à briser une vitre et à la vider de notre linge sale. En même temps, j’ai pas vraiment envie d’avoir à refaire ma garde-robe en Afrique du Sud. Rien vu à ma taille ici jusqu’à présent!

Je dis à ma blonde en payant le garam masala qu’il faudrait bien qu’on y aille. Elle voit pas pourquoi et résiste un peu.

-Écoute chérie que je réponds! En tant que responsable du département de la sécurité de notre couple, j’ai décidé qu’on finirait ton magasinage d’épices sur la rue Jean-Talon. On sort d’ici!

Il devait y avoir quelque chose de spécial dans mon visage parce qu’elle m’a suivi sans dire un mot. Plus de peur de que mal heureusement, on a vite retrouvé l’auto et continué notre chemin.

De l’eau!

« Day Zero », c’est le nom qu’ils ont donné à la date où il n’y aura plus d’eau potable à Cape Town, une ville de trois millions d’habitants. Cette date était initialement le 2 avril, a été reportée en juillet, et puis à 2019. Ce jour-là, s’il arrive, les 6 barrages qui fournissent la ville en eau seront vides et l’alimentation en eau potable sera fermée. C’est une des villes les plus riches ici. On y retrouve une station balnéaire, des hôtels branchés et plein de commerces reliés au tourisme. Ça ressemble plus à Miami qu’au village de Simba disons.

Quand « day zero » arrivera, les gens devront aller à un des 200 points de ravitaillement qui seront mis en place pour aller chercher leur ration de 25 litres quotidienne. Comme la plupart des gens n’ont pas d’auto, imaginez le bordel pour les personnes âgées ou les mères célibataires.

Partout, les gazons sont jaunis, les piscines vides et les voitures sales. On voit partout des affiches comme celles-ci!

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Si la population arrivait à restreindre sa consommation à 50 litres par personne par jour, les barrages pourraient continuer à fournir. Sonya et moi avons réussi à le faire, le plus dur étant de limiter la douche à 2 minutes.

Depuis le début de l’initiative de réduction, ils ont réduit leur consommation de plus de 50%, passant de 1.2 milliards de litres par jour à 523 millions aujourd’hui. L’objectif est d’arriver à 450 millions de litres, soit un autre 15%, pour éviter le fameux « day zero ». La solution à long terme passe probablement par des usines de désalinisation que les riches ne veulent pas payer parce qu’ils paient déjà assez et que les pauvres ne veulent pas chez eux parce qu’ils vivent déjà avec bien moins que 50 litres par jour sans avoir à endurer ces usines chez eux.

On a qu’à penser aux conséquences directes que ça pourrait avoir chez nous si une telle mesure devait s’appliquer. Difficile d’imaginer que rien ne coule quand on ouvre le robinet! On peut comprendre pourquoi ils sont à mettre en place une police de l’eau qui va littéralement couper l’eau aux abuseurs.

C’est assez encourageant et inspirant, je trouve. J’espère qu’on saura être aussi créatif et réactif face au gaz à effet de serre!

En résumé

Je vous recommande fortement ce pays à visiter. Le dépaysement est total, les gens sont super, la bouffe est excellente et malgré ce qu’on peut entendre, je n’y ai rien vu de dangereux, à part quelques lions et crocodiles! 🙂

J’ai pas encore fini de faire le ménage, mais voici quelques-unes des photos prises au cours de la dernière semaine.

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Roadtrip Sud Africain

C’est bien beau les safaris, on en a fait une dizaine jusqu’à maintenant, mais t’es quand même assis dans ton auto la majeure partie du temps à chercher les animaux. En arrivant au Golden Gate Park, après plusieurs centaines de kilomètres de voiture, il était hors de question de ne pas se dégourdir les jambes dès le lendemain.

La météo annonçait des orages épars avec du soleil. On est ici dans les terres, à l’intérieur d’un parc national qui est de toute beauté.

On trouve un sentier de randonnée à moins de 10 minutes en voiture on on commence une piste qui devrait nous prendre environ 4h. Comme on est assez en forme, ça devrait bien aller. On commence à monter et à monter sans arrêt. La piste est bien aménagée et on a de superbes points de vue.

Après environ 2h de marche, on s’arrête pour dîner et c’est là qu’on constate ce qui s’en vient vers nous!

Le tonnerre gronde au loin et le vent souffle de plus en plus fort. On décide d’écourter notre repas et de reprendre la route le plus vite possible. La route monte vers le plus haut sommet devant nous. Une fois arrivés, je me rends compte qu’elle continue vers un chapelet de sommets toujours plus hauts. Le tonnerre gronde de plus en plus et la pluie est plus forte. Fini les photos, je range ma caméra dans mon sac et on continue. Par contre, je ne pourrai pas m’empêcher d’en prendre quelques autres en chemin! Ça doit être incroyable en plein soleil!

Je commence à me demander ce que je ferai si jamais l’orage nous rejoint. Pour l’instant, il résonne tout autour de nous mais on ne voit pas d’éclairs.

Avec mes 6’7″ et mes bâtons de marcheur en aluminum, je sens que je ferais un super paratonnerre pour l’orage…

Passés notre dernier belvédère, on commence notre descente que j’espère assez rapide et je suis exaucé, ça descend très vite. Arrivés à un certain point, ça ne passe plus. Les responsables ont planté des tiges en métal dans un but inconnu.

Impossible de s’y accrocher, elles ne sont pas assez solides. Pas question de rebrousser chemin, on s’assoit et on glisse sur les fesses en prenant soin de ne pas débouler. On arrive enfin en bas.

Mission accomplie, on a survécu!

Je ne ferai pleurer personne à Montréal mais la température est passée ici de 37 degrés avec les lions à 9 degrés dans la nuit, ici à la montagne, avec une déferlante de pluie à détremper le désert. On passera la journée du lendemain à récupérer et à se faire dorloter au SPA qu’on a découvert par surprise à notre hébergement.

La mer

L’Afrique du sud, c’est aussi la mer. On a passé quelques jours dans la belle ville de Port Elizabeth où ma blonde est allée courir un petit 5KM dans une course organisée par les gens de la place!

La route en Afrique du Sud

Je conduis ici depuis une dizaine de jours et j’ai déjà parcouru plus de 3500 kilomètres. Les routes sont généralement très belles et bien entretenues. Par contre, quand tu dois t’habituer à la conduite à gauche, tu fais le saut quand tu vois ça la première fois!

Au début, j’ai cru qu’ils avaient coutume de faire leur triangle à l’envers pour indiquer la direction. J’ai finalement compris que le triangle signifiait « cédez le passage » parce qu’ils n’ont pratiquement jamais de stop.

Rouler sur l’autoroute demande aussi une certaine adaptation comme l’explique très bien Sonya dans ce vidéo.

Faut aussi faire attention aux animaux!

Et bien sûr aux voleurs. J’avais jamais entendu parler de cette technique de vol qui consiste à bloquer les télécommandes des voitures pour que les portes restent debarrées.

Je vous laisse sur quelques autres photos en vrac, prises au cours de la dernière semaine.

Welcome to the jungle!

Bon, c’est pas vraiment encore la jungle mais c’est clairement sa loi qui règne ici! On est en fait dans le « bush », la brousse africaine. Dans mon souvenir de l’émission Au royaume des animaux les choses étaient différentes. Les félins pouvaient courir après leur proie sur de longues distances, sans rencontrer d’obstacles. Ici, c’est plein de buissons où les animaux peuvent se cacher et c’est beaucoup plus vert aussi.

On arrive en après-midi à notre lodge, petit hotel en plein milieu de la brousse et super bien aménagé.

En fait, c’est un endroit complètement paradisiaque. Les impalas et phacochères viennent boire au bout de la piscine! Aucune clôture ne nous protège contre les animaux sauvages donc interdiction de sortir de nos habitations la nuit.

Quelle surprise de découvrir, après avoir traversé la moitié de la planète, que le couple dans la chambre d’à côté vient de St-Marc-sur-le-Richelieu. Très sympathique, on passera les 2 prochains jours ensemble.

À 16h, on part pour un safari dans notre super camion!

On a un conducteur/guide et un pisteur, assis sur le banc en avant. Des vrais pros! Contre toute attente, ils ne sont pas armés. Ils nous expliquent que nous devons rester en tout temps dans le camion et ne pas nous lever debout. Pas pour nous protéger mais pour éviter que les animaux ne prennent la fuite… Les animaux sauvages ont une peur absolue de l’être humain. Des milliers d’années de chasse leur ont inculqué le réflexe de se sauver dès qu’une forme humaine pointe son nez. Par contre ici, les animaux ne voient que l’animal « camion », même si on est dedans, et celui ci ne les chasse pas.

Notre guide nous amène à un endroit où ils ont vu des lions ce matin. A notre grande joie, ils sont encore là! Il y a quatre femelles et deux mâles.

Ils restent couchés la majeure partie de la journée à cause de la chaleur et commencent à chasser en fin de journée. On les observe un peu et on repart!

Environ une heure plus tard, nos guides sont informés par radio que les lions ont été aperçus en marche vers leur chasse de la soirée. On retourne les retrouver! Il fait noir et on doit utiliser un spot pour les voir. Ça ne semble absolument pas les déranger.

À un certain moment, un groupe d’impalas passe en courant devant nous, une lionne à leur trousse. Raté, elle n’a pas pu en attraper un! Maintenant, les impalas savent que les lions sont dans le coin. Ils s’échangent des cris pour s’avertir de leur présence, la tâche va devenir très difficile pour les lions.

Pour une raison étrange, dans le courant de la soirée, les lions vont décider de marquer leur territoire là où est notre hôtel. Ils sont à environ 1000 pieds de nos chambres et on les entendra rugir une bonne partie de la nuit. Ils font ça pour faire savoir aux autres lions que la place est prise. Selon notre guide, ils sont probablement passés devant nos chambres pendant la nuit.

Éléphants vs lions

Les lions, particulièrement les mâles, sont plutôt fainéants. Ils dorment toute la journée et suivent les lionnes qui chassent pour eux et mangent avant tout le monde, même les lionceaux. On fait appel à eux pour chasser les plus gros animaux seulement.

Pour moi les éléphants sont vraiment les rois de la jungle. Ils peuvent rapidement réduire un lion en pièces et ceux-ci le savent et se tiennent loin. Au matin d’une sortie, nous en avons croisé un en rut, qui était très curieux de faire la connaissance de notre guide.

Des étangs sont aménagés à quelques endroits sur le territoire et l’éléphant joue avec un tuyau de la pompe qu’il a déterré. Notez qu’on n’est pas au parc safari ici. C’est un éléphant complètement sauvage qui est venu nous voir et je peux vous dire que nos guides n’étaient pas trop gros dans leurs culottes.

Quelques minutes plus tard, le même éléphant secoue un arbre à Marula (fruit de base de la fameuse liqueur) juste devant nous!

Partout où ils passent, les éléphants font tout un ravage. Ils jettent les arbres par terre pour en manger les racines. On a dû se mettre à plusieurs pour dégager la route où un elephant s’était payé la traite.

Réflexions sur la vie

On ne peut pas vraiment faire un séjour de ce type, avec une telle proximité avec des animaux sauvages, sans en tirer des leçons bien personnelles. Voici donc les miennes :

1 – En fin de compte, la lionne chasse pour nourrir le lion-mâle-alpha pour qu’il soit fort et qu’il la protège des autres lions-mâle-alpha qui veulent la protéger.

2 – Chaque matin, la majorité des animaux voit le soleil se lever en se disant « Wow, je suis encore en vie! « . C’était probablement le cas pour l’homme il a quelques millénaires. On est vraiment passés à autre chose aujourd’hui et je me disais que c’est une bonne chose en regardant un troupeau d’impalas se faire attaquer par les lions.

3 – En rapport au point précédent, nous sommes tellement passés à autre chose qu’on est passés tout droit pour bien des choses. On est rendu à faire du faux exercice sur des machines pour compenser le temps qu’on passe à ne pas bouger devant nos écrans et pour dépenser les calories d’une bouffe dont on connaît à peine l’origine. L’Afrique nous reconnecte directement avec l’essentiel et l’animal en nous. C’est fou comme ça fait du bien!

Le parc Kruger

Ce parc, qui a la superficie de la Belgique (20 000 km2) a été créé il y a 125 ans pour protéger les animaux. On y retrouve des milliers d’éléphants, des centaines de lions et toute la diversité de la faune africaine. Il est traversé par une route de plus de 400 km où les touristes circulent librement. Interdit de sortir de la voiture et aucun contact avec les animaux n’est permis.

On y a vu un troupeau d’une centaine d’éléphants longeant la route.

On n’a qu’à rouler quelques kilomètres pour en trouver, ou bien ce sont eux qui nous trouvent.

Au cours des jours passés à l’intérieur ou près du parc, nous ferons 4 sorties avec guides en jeep et une à 5h du matin à pieds dans la brousse. Voici quelques unes de nos photos. A la semaine prochaine pour la suite!

Afrique du Sud: Johannesburg, l’apartheid et des paysages!

On est arrivés à Johannesburg hier après-midi après 18 heures d’avion où j’ai passé plusieurs heures à me demander ce que pouvaient vivre les gens en classe économie (que je surnomme gentillement la classe charité) , moi qui était dans la classe « comfort + » avec un gros 2.5 pouces de plus pour les jambes.

Étant donné qu’on ne trippe pas trop sur les villes, on s’est réservé seulement la journée d’aujourd’hui pour visiter Johannesburg. Notre guide nous rejoint à 9h pour une visite du township de Soweto. Les townships sont comme des réserves amérindiennes, mais pour les noirs qui représentent plus de 93% de la population du pays.

Je sais très bien qu’aujourd’hui, je m’en vais visiter la pauvreté, la vraie, celle qu’on voit dans les films ou à la télé. Étonnamment, je n’en éprouve aucun malaise. Les choses vues ici jusqu’à maintenant sont bien faites, bien présentées, et on sent partout le désir des gens de partager leur expérience de l’apartheid, de nous faire comprendre ce qu’ils ont vécu, pourquoi les choses sont comme elles sont aujourd’hui. L’apartheid, c’est le système mis en place par les colons hollandais pour dominer le peuple noir à qui ils avaient volé les terres. Ce régime est terminé depuis les années 90 mais les traces en sont encore bien présentes.

On est entrés dans une section du township où il n’y a pas de rues, juste un sentier en terre.

Ils ont un accès à l’eau pour plusieurs centaines de personnes et ils sont trente familles pour ces cinq toilettes chimiques

On croise ici une apprenti électricien qui est entrain de rafistoler le réseau électrique connecté illégalement.

Le guide nous fait visiter sa maison où vivent 24 personnes de sa famille. Elle est composée de cette cuisine et de 4 petites chambres.

C’est propre et très bien tenu, pas le choix, chaque centimètre est optimisé. Tout à coup, on sent une odeur vive de plastique brûlé. Probablement à cause des « travaux » électriques vus avant, la corde à linge/ligne électrique est entrain de prendre feu!

Notre guide lui donne un bon coup de balai pour arrêter tout ça! Pas le temps de lui dire de pas faire ça! il s’exécute et se tape une décharge électrique en passant. Heureusement la ligne s’est brisée tout de suite, il n’a eu qu’un court choc!

On resort d’ici en croisant quelque chose qu’on ne voit presque plus chez nous. Des enfants qui jouent dehors en gang!

Notre guide nous explique que les dons faits lors de notre visite servent à financer des initiatives scolaires auprès des enfants. Depuis la fin de l’apartheid, ils sont de retour dans les écoles. Notre guide parraine un organisme qui s’occupe de leur fournir accompagnement scolaire, repas et matériel pour qu’ils puissent réussir et enfin sortir du cycle de la pauvreté.

Ce pays est superbe, plein de richesses qui ont été pillées par les européens au fil des siècles. Il est aussi plein d’aberrations et de contradictions. En même temps, on sent le désir des gens de passer à autre chose, de sortir de la misère, de mettre de côté ce passé encore si proche… (voir les indications de lignes d’attentes sur cette photo)

Mettre de côté ne veut pas dire oublier, comme on a pu le voir avec les centaines d’enfants qui visitaient les musée dédiés à l’apartheid et à Nelson Mandela aujourd’hui!

Je suis ressorti de là pas mal secoué, surtout du musée dédié aux 67 enfants tués par la police en 1976 parce qu’ils refusaient qu’on leur enseigne dans une langue autre que la leur. Leur printemps érable, mais à balles réelles! Heureusement ils s’en sont sortis, grâce à cet homme, plus grand que nature que fut Nelson Mandela! 🙂

Assez d’émotions pour aujourd’hui, c’est demain qu’on sort de la grande ville et que je fais mes premiers essais de conduite à gauche!


L’apprentissage de la conduite à gauche s’est fait assez facilement. Je m’étais entraîné avec un simulateur sur mon ordi alors l’effet de surprise fut moins grand. On a quand même eu une petite frousse au premier virage à droite où j’ai pas vraiment vu les autos arriver en sens inverse mais ma blonde veillait au grain! J’embarque encore des fois du côté passager et je me trompe de côté pour la ceinture mais c’est tout.

On a pris une superbe route panoramique en direction de notre auberge dans la brousse. Je laisse parler les images par elles-mêmes.

Évidemment, j’imagine que tout le monde a hâte de voir nos photos d’animaux. Ca sera pour la semaine prochaine! En attendant, je vous laisse sur celles de petits visiteurs venus nous voir ce matin.

Il était un petit navire…

Screenshot 2017-03-16 08.43.48J’ai un peu hésité quand mon frère m’a fait la proposition. Une semaine complète en catamaran dans le sud? Après m’être déchiré le ménisque avec lui l’été dernier sur son petit catamaran, je me sentais comme un gars qui apprend pas vite vite! En même temps, c’est comme une chute à cheval, si tu ne remontes pas rapidement, tu risques de jamais vouloir réessayer. Quand il m’a montré les photos du bateau, j’ai vu qu’on était complètement ailleurs. Un catamaran de 15 tonnes avec deux moteurs, des voiles et pouvant coucher 7 personnes dans 3 chambres à coucher ayant chacune une toilette. Une grande cuisine, une salle à dîner et plein de place pour s’évacher.

On est donc parti lundi passé avec les blondes, Éloïse ma plus jeune, la fille de mon frère et avec ma mère qui nage comme une brique mais qui aime quand même se retrouver près de l’eau.

Quand on est arrivés à la marina à Tortola, dans les îles vierges britanniques, il ventait fort mais il était prévu qu’on passe la nuit à la marina, question d’avoir un briefing sur le bateau demain matin, avant de prendre la mer. Après le briefing, la météo était encore pareille avec des nuages en plus. Mon frère, notre capitaine pour la semaine, en a vu d’autre et des pas mal pire. Il s’est construit lui-même un trimaran de 63 pieds il y a une dizaine d’années et l’a navigué dans les caraïbes pendant plus de deux ans. Si mon frère dit qu’on peut partir, c’est qu’on peut le faire…

On est à environ 40 minutes de notre destination, une petite baie où on devrait être protégés du vent. Pas question de sortir les voiles aujourd’hui par contre. Il y a des vents de près de 30 noeuds et y a pas mal de vagues alors on y va aux moteurs. On se tient tous sur le « flying deck » , un pont au dessus de la cabine principale, qui permet au capitaine de naviguer avec une meilleure vue. Ma mère décide de rester bien assise à l’abri,  dans la cabine principale.

Rendu en pleine mer, ça commence à brasser pas mal. On s’enfonce dans les vagues et vu d’en haut, c’est comme regarder les gens descendre la grosse côte dans la pitoune à la ronde. Tu sais que ça va brasser, mais tu sais aussi que tu vas rester bien au sec parce que t’es à 20 pieds de la vague. C’est là que je me dis que ma mère doit avoir un tout autre point de vue! Je descend dans la cabine principale et là ça brasse sur tout un temps. Tout ce qu’on a pas solidement attaché est en train de tomber par terre et ma mère fait des acrobaties pour essayer d’éviter le pire. Comme j’arrive, le loquet de l’armoire qui contient notre réserve de vin lâche sous un mouvement brusque du bateau et laisse s’échapper 3 bouteilles de notre meilleur blanc. Deux éclatent au contact du plancher et répandent leur précieux liquide à la grandeur de la cuisine. J’arrive à rattraper la troisième avant qu’elle ne finisse dans le même état. Y a de la vitre cassée partout, le plancher est glissant et il y a 7 personnes nu pieds à bord. Pendant que je ramasse le bordel, je vois un pot de moutarde sortir du frigo. Pour éviter d’avoir à ouvrir le frigo trop souvent et sauver de l’énergie, il y a une petite porte dans la porte principale du frigo qu’on ouvre en appuyant dessus pour accéder à l’intérieur. Cette porte-là non plus n’a pas tenu le coup. Une chance que mon frère a apporté une roulette de duct tape pour qu’on puisse la bloquer. Je fini par ramasser toute la vitre pendant que ma mère s’agrippe au pilier principal, son visage passant tranquillement au vert olive.

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Ma mère et son poteau dans la cabine principale en des moments plus calmes

On fini par arriver à notre destination sains et saufs pour découvrir quelques heures plus tard que ma blonde souffre du mal de mer. On découvrira aussi dans la soirée que le réservoir d’eaux que j’appellerai poliment « usées » du côté de la chambre de mon frère est percé et laisse écouler son précieux liquide derrière une armoire de sa chambre. Après s’être tapé la mer, on doit maintenant se taper la mer…de 🙂

On va se coucher le soir un peu épuisés en se disant que pour une première journée, ça pourrait difficilement être pire. En même temps, on a l’impression d’avoir su tenir tête à la mer et à son désir de nous montrer qui est le chef!

Pour plusieurs raisons avant notre départ, j’avais eu l’intuition que ça serait une bonne idée de couper cette semaine en deux en réservant une petite maison sur airBnB à St-Thomas, pour ma gang et ma mère. Pas eu besoin de tordre le bras à ma blonde et à ma mère pour aller à terre le lendemain, surtout que le ciel était encore menaçant et que le bateau devait subir quelques réparations côté toilettes.

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St-Thomas et la plage où on a passé la journée

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Ma mère et ÉloIMG_20170309_164124

À notre retour, mon frère nous dit qu’on avait bien fait parce qu’ils y avaient encore goûté la veille avec du vent et des grosses vagues. Par contre, à partir d’aujourd’hui, la météo annonce du soleil mur à mur et des vents raisonnables jusqu’à notre départ!

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Retour en zodiac vers notre bateau

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Après 3 jours complets de super température, c’est le temps de dire au revoir!

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Notre fameux retour

Ça fait plusieurs années que je voyage pour le plaisir ou le travail mais ce retour fut le plus épique que j’ai vécu. Le bordel a commencé lundi soir, lors de notre arrivée à New York pour une escale avant notre dernier segment de vol vers Montréal. Le vol est annulé à cause de la tempête qui s’en vient. On apprend, par la compagnie aérienne que le prochain vol disponible sera jeudi, si tout va bien. Comme Élo a déjà manqué un jour d’école et que ma nièce a des cours à l’université qu’elle ne peut manquer, on veut pas attendre jusque là. Mon frère prend la décision de se louer une voiture et de faire le trajet jusqu’à Montréal de nuit, avant que la tempête ne frappe. Nous, on décide de passer la nuit à New York et de prendre le train le lendemain. Mais là, on découvre que nos bagages sont pris quelque part dans l’aéroport étant donné que notre vol a été annulé. Des employés doivent les chercher manuellement pour nous les ramener trois heures plus tard.

On arrive à l’hôtel vers minuit pour se faire dire que la chambre n’est pas encore prête, que le personnel d’entretien a du retard et qu’il y a deux autres personnes qui attendent leur chambre avant nous. On aura finalement la chambre à 1h du matin. On se couche pour retrouver New York sous la fameuse « tempête » le lendemain matin. Mon frère me texte qu’il vient d’arriver chez lui et qu’il n’a pratiquement pas vu de neige en chemin. Je suis plus trop certain que j’ai fait le bon choix d’attendre…

On a pas de bottes, mais on arrive quand même à se rendre à pied à la gare à quelques coins de rues et à garder nos pieds secs tellement la quantité de neige est faible.

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Le train part à l’heure et est très confortable. Le trajet, qui dure normalement 11h s’est étiré sur 14h. Ce doit être très beau en temps normal mais là, la tempête nous a rattrapés et on voit pratiquement rien dehors.

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On arrive à Montréal vers 22h et on veut aller se coucher chez nous. Impossible de trouver un chauffeur d’Uber assez fou pour aller à Vaudreuil et impossible de trouver un chauffeur de taxi point. Je commence à chercher un hôtel qui a des chambres libres et au 7ème appel, je réussi à avoir la dernière chambre d’un hôtel pas trop loin. Les autres étaient tous complets. On s’essaye à pieds mais c’est trop malade. Des pelles mécaniques partout, les trottoirs complètement enneigés et il faudrait marcher dans la rue pour avancer. On se met à l’abri à l’entrée d’un édifice et j’appelle un Uber qui mettra plus de 30 minutes à nous rejoindre.

On fini par se coucher vers 1h du matin. Étant donné le bordel sur les routes le lendemain matin, on décide de prendre le train de banlieue vers Vaudreuil. Arrivés à Beaconsfield, dans l’ouest de l’île, le train tombe en panne de moteur!!! À ce moment-là, j’ai comme senti un début d’écoeurantite assez aiguë. J’ai appelé un taxi qui nous a finalement ramenés et on est arrivés chez nous à midi, un retour qui aura pris en tout plus de 48 heures.

Super voyage malgré tout! On aime ça l’action et on peut dire qu’on a été très bien servis cette semaine!

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La Patagonie,  quel spectacle! 

En arrivant à El Chalten, petite ville touristique de 1500 habitants qui doit en accueillir autant en touristes, on se dirige vers le guichet automatique à deux pas de notre hôtel. Le guichet indique qu’il ne peut pas donner d’argent en ce moment. J’en trouve un deuxième exactement dans le même état et on m’indique qu’ils ne seront pas en service avant lundi puisque demain c’est dimanche. Il n’y en a pas d’autres dans la ville. Ça va pas bien, il me reste environ 25$ dans les poches. On part vers une épicerie pour s’acheter à manger mais elle ne prend que du comptant. Ils nous envoient à une deuxième qui elle aussi ne prend pas la carte et ceux-ci nous renvoient vers une troisième qui elle accepte les cartes de crédit. On fait notre épicerie pour découvrir que le terminal de carte ne marche pas! C’est assez paradoxal de se retrouver dans un pays appelé Argentine et manquer d’argent! Je commence à m’inquiéter un peu pour l’essence alors je vais virer à l’unique station service de la ville qui n’a qu’une pompe et devinez quoi? Ils ne prennent que du comptant ici aussi. Pas certain d’avoir assez d’essence pour me rendre au village voisin qui est à trois heures de route d’ici. On fait l’inventaire de ce qui nous reste à manger.  On va probablement manger pas mal de pinottes bio mais on devrait pas mourir de faim. Je ne me souviens pas avoir été mal pris comme ça avant.  On encore loin de Walking Dead mais j’espère que ça va se régler vite. On fini par trouver un resto qui utilise un terminal de carte de crédit différent et qui marche correctement. On est bons pour les prochains jours! 
Dimanche 

On décide de continuer à conditionner nos corps pour le gros trek de lundi. On part en faire deux « petits » qui prendront environ quatre heures. C’est ici que le fun des belles photos commence! 

Il y en a une qui était contente qu’on ait trouvé ce restaurant là. Cuisine végane super bonne. A vrai dire, j’étais pas fâché non plus, la bouffe jusqu’à maintenant n’a pas toujours été très santé. Ils nous ont préparé un méga lunch qui a duré deux jours. 

Lundi

On part aujourd’hui pour aller vers un point d’observation du glacier Fitz-Roy. Près de vingt kilomètres qui prendront plus  de 8 heures à compléter. On se fait transporter en autobus à 8h du matin pour nous rendre plus loin dans le parc.  Ca nous évite de faire un aller-retour par la même route et nous permet de voir d’autres paysages. 

On est particulièrement en forme,  nos petits bobos des derniers jours sont disparus et on est plein d’énergie. En cours de route,  je fais la gaffe de dire (en blague) à ma blonde que je suis quand même content de l’avoir avec moi parce qu’elle ne me retarde pas trop. C’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Comme par magie, notre vitesse commence à augmenter parce que ma blonde elle aime ça quand ça avance. En plus,  j’ai bien compris que le 8h prévu, elle trouvait ça un peu trop long. Je pense que si elle faisait la route de Compostelle, elle essaierait d’arriver en premier! Comme de fait,  on a fait le trajet en 6h au lieu de 8h.

Les vues sur ce trajet sont de loin les plus belles jusqu’à maintenant. Certaines d’entre elles m’ont ému au point d’en perdre la parole. Il y a malheureusement des limites à ce qu’un appareil photo peut rendre comme impression.

Un campement, pas que je pourrais qualifié d’intime,  en haut de la montagne. 

Et oui, de l’eau fraîche de glacier, 

 
De retour au village, on se rend au guichet qui fonctionne finalement.  Il y a une file qui attend à la porte.  À un certain moment, on était plus de 20 à attendre. 
Chacune des personnes prend plusieurs minutes au guichet.  On dirait que c’est la première fois qu’ils en utilisent un. En regardant comme il faut, je me rends compte que chaque personne fait plusieurs transactions. Les gens sont échaudés et ils retirent tout ce qu’ils peuvent au plus vite.  J’espère qu’ils ont mis beaucoup d’argent dedans parce qu’avec les centaines de touristes mal pris qu’il y a ici, ça va pas durer longtemps à ce rythme là. Je vais ensuite mettre de l’essence, on est prêts pour demain! 

Reflection du jour 

On oublie souvent que notre confort et qu’à la limite, notre survie dépend entièrement d’infrastructures qu’on prend totalement pour acquis. Pouvoir retirer de l’argent au guichet, avoir de l’essence à la pompe ou de la nourriture sur les tablettes des épiceries n’est jamais un problème pour nous. Aucune de ces pénuries ne m’est jamais arrivée au Québec. Ici, les gens font la file partout et sont à la mercie d’une panne d’infrastructure qui peut durer plusieurs jours. J’imagine qu’on s’y habitue et qu’on prévoit en conséquence. Pour les touristes bien gras que nous sommes, c’est plutôt déstabilisant et ça peut te gâcher un voyage assez vite. 

Mardi 

Jour de la St-Valentin.  On va avoir une belle proximité aujourd’hui parce qu’on doit se rendre dans un autre parc national, cette fois-ci au Chili. Arrivés à la frontière après 4 heures de route, les douaniers nous demandent un papier pour la voiture. On leur donne nos immatriculations et le contrat de location mais il manque quelque chose.  Un des douaniers vient dehors avec nous et on fini par comprendre, grâce au traducteur de Google dans mon téléphone,  que ça prend un formulaire d’autorisation de la compagnie de location pour passer une voiture à l’extérieur du pays. Évidemment on l’a pas. On téléphone à la compagnie de location qui nous dit qu’on doit venir  le chercher à El Calafate, à 4h de route d’ici. Pas moyen de faire autrement! On pourra donc pas dormir au Chili ce soir.  Assez frustrant compte tenu du prix qu’on a payé la chambre dans le parc national Chilien.  On reprend donc la route,  de soir, vers El Calafate.

En voulant sortir du village où est la frontière, la route est bloquée par un barrage autochtone. Tsé quand ça va mal! Ils ne laissent passer que les véhicules d’urgence. Je me prépare à prendre mon mal en patience mais ma blonde est pas d’accord. Elle me demande de lui ouvrir le traducteur sur mon cell  et elle part avec voir ceux qui contrôlent la guérite. Elle montre le téléphone à un des gars en faisant des gestes d’avion avec ses bras,  elle a l’air paniquée. Le gars fait oui de la tête et il ouvre la guérite.  Je rejoins ma blonde et on passe en douce.  Elle vient de leur faire croire qu’on a un avion à prendre ce soir à El Calafate et qu’on va le manquer. Ça a marché!

En chemin,  on croise 4 renards qui s’amusent à passer devant les roues de la voiture pour me prouver qu’ils sont plus vite que moi. Malheureusement,  il en a un qui a perdu! On fini par arriver et par se trouver un hôtel qui lui non plus ne prend pas la carte de crédit.  Ils me vident de presque tout ce qu’il me reste d’argent. J’aurai pas fait longtemps avec mon motton. Je me couche après avoir fait une journée de plus de 12h au volant. 

Mercredi 

Après une autre journée de conduite,  on est enfin arrivés à notre hôtel au Chili en fin de journée. On prend le temps de prendre une petite marche pour voir un fragment de glacier près de notre hôtel. 

L’effet de la glace bleue n’est pas un trucage photoshop, elle est réellement bleue comme ça. Pour faire une histoire courte, c’est dû à la neige qui tombe au sommet du glacier et qui est lentement compressée en glace. Étant donné que la neige contient plus d’oxygène que la glace normale et que l’oxygène reflète bien la couleur bleue, on obtient de la glace bleue qui est de toute beauté. On dirait qu’elle est illuminée de l’intérieur par un LED.
Jeudi

 Il pleut aujourd’hui et la tentation est grande de rester dans le lounge de l’hôtel qui donne directement sur la montagne. 

Après deux jours enfermés dans l’auto et tout le chemin qu’on a fait pour voir ce parc,  pas question de rester en dedans.  On choisi un sentier pas trop loin et on engage un guide autorisé à nous y emmener parce que c’est une section protégée du parc. C’est une autre journée de 18km de marche qui nous attend et le guide nous dit que ça prendra 8h si tout va bien. On enfile tout ce qui porte l’étiquette de résistant à l’eau et d’imperméable.  J’ai pas jugé bon d’apporter mes grosses bottes de marche pour sauver du poids, j’ai seulement mes souliers de marche utilisés dans le désert. Après moins de  90 secondes après notre départ, je commence à sentir, sur mes pieds chauds et secs, la douce sensation froide et humide de l’eau qui dégouline de l’herbe et qui passe à travers mes bas. Il fait environ 9 degrés, c’est pas chaud! Finalement, je réussi à réchauffer mon jus de bas après une trentaine de minutes et bien que ce soit plutôt inconfortable, je prends ça comme une leçon de m’équiper correctement la prochaine fois. Pour le reste de mon équipement, l’eau finira par s’infiltrer partout. 

En cours de route, j’ai quand même pu prendre quelques photos même si mon cellulaire était tout mouillé. 

On a été chanceux de pouvoir voir un de ces cerfs. Ils sont en voie d’extinction et il n’en reste que quelques centaines en Argentine et au Chili. On comprend pourquoi ils vont disparaître quand on les approche.  Ils ne se méfient pas de ce qui les approche et ils restent sur place à observer.  Je me suis approché à une vingtaine de pieds et il n’a pas bougé. 

Vendredi 

On reprend la route aujourd’hui pour retourner encore une fois à El Calafate. Encore des heures  de route de terre defoncée et de superbes paysages sur la mytique route nationale 40.
On arrive finalement à notre airBnB en fin de journée pour trouver une ville grouillante de touristes à cause du festival du lac et de la fin de semaine qui commence. 

Samedi 

Aujourd’hui, excursion sur le glacier Perito Moreno,  l’attraction principale dans ce coin de pays. On se rend en autobus jusqu’au glacier, une route d’une heure et demie. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, je n’ai rien lu sur le sujet. Au détour d’une courbe, on aperçoit l’immense glacier devant nous. C’est tellement magnifique que les larmes me montent aux yeux. Rarement vu un phénomène naturel aussi impressionnant. 

C’est quoi un glacier? 

Avant de venir ici, je confondais glacier et iceberg. C’est complètement différent. Voici comment se forme un glacier: l’humidité du Pacifique est apportée par le vent jusqu’au sommet de la montagne où elle se transforme en neige et s’y dépose. Elle fond alors tranquillement, le processus dure une dizaine d’années et elle se compacte en une glace très dense. La glace commence ensuite sa descente d’une trentaine de kilomètres jusqu’au lac en bas où elle se brise et fond. Ce processus prend plus de 400 ans. Contrairement au iceberg qui flotte sur l’eau, le glacier coule directement sur le rock. 

Devant le glacier qui fait quelques kilomètres de large par 200 pieds (70 mètres) de haut, les Argentins ont installé une passerelle de 4km sur plusieurs niveaux. On peut donc l’observer de tous les angles et parfois être témoins de la facturation de la glace qui avance d’environ 2 mètres par jour à ce temps-ci de l’année. 
Contrairement à la majorité des glaciers dans le monde qui sont en décroissance à cause du réchauffement climatique, le Perito Moreno est un glacier équilibré qui génère autant de glace qu’il en perd. On peut donc se réjouir sans remord de voir et d’entendre la glace se détacher. 
Après un trajet de 20 minutes en bateau vers le côté gauche du glacier qui est plus stable, on enfile des crampons sur nos chaussures et on monte directement sur le mastodonte.

On rempli nos bouteilles ici. Une eau pure tombée du ciel il y a 400 ans! 

Une crevasse qui va directement à la base du glacier et par où l’eau de fonte s’écoule. 

On fini ça avec un whisky sur glace et pas besoin de vous dire d’où vient la glace! 
Ici s’achève notre semaine en Patagonie, départ demain pour une semaine complète à Buenos Aires. On aurait pris encore un peu de trekking, on se reprendra en marchant dans la ville!